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Le Venezuela ne vend du pétrole qu’à des sociétés titulaires de licences individuelles, selon Reuters

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Publié le 13 février 2026 à 20h56. Les exportations de pétrole vénézuélien sont freinées par des restrictions américaines et la prudence des banques, malgré un assouplissement récent des sanctions par l’administration Trump.

  • PDVSA, la compagnie pétrolière publique vénézuélienne, ne commercialise plus de pétrole qu’avec des entreprises détenant des licences individuelles des États-Unis.
  • Les banques américaines hésitent à financer les transactions pétrolières vénézuéliennes en raison de la complexité des licences.
  • Vitol, Trafigura et Chevron dominent toujours les exportations pétrolières du Venezuela, malgré les efforts de PDVSA pour diversifier ses acheteurs.

Les exportations de pétrole du Venezuela sont actuellement limitées, car la compagnie nationale PDVSA (Petróleos de Venezuela SA) se concentre sur les ventes aux entreprises ayant obtenu des licences individuelles auprès des États-Unis. Quatre sources au sein de sociétés souhaitant acquérir du pétrole vénézuélien ont confirmé cette nouvelle approche, qui entrave la capacité du pays à réduire ses stocks de pétrole, actuellement à saturation.

En janvier dernier, l’administration Trump avait assoupli les sanctions en accordant une licence générale permettant de larges exportations de pétrole, ainsi que des licences spécifiques à des entreprises comme Trafigura et Vitol, autorisant des transactions portant sur plusieurs milliards de dollars. Cependant, selon les acheteurs de pétrole vénézuélien, cette licence générale s’est avérée moins efficace que prévu. Sa formulation large laisse place à de nombreuses interprétations, créant une incertitude quant aux activités autorisées et interdites.

Les dirigeants de PDVSA réclament désormais des directives plus précises de la part des États-Unis concernant les entreprises avec lesquelles ils peuvent commercer, ainsi que des conditions commerciales plus claires pour assurer le suivi des expéditions et garantir la rentabilité des opérations. La réticence des banques américaines à financer ces transactions constitue un obstacle supplémentaire. Trois sources indiquent que la complexité des licences décourage les institutions financières.

« Certaines banques pourraient ne pas vouloir prendre de risques dans le cadre de ces licences, ou pourraient ne pas considérer l’activité comme autorisée… Elles pourraient faire preuve d’une diligence raisonnable accrue. »

Source anonyme

Si cette prudence bancaire ne devrait pas affecter les grands négociants, qui disposent de solides liquidités, elle pourrait compliquer les choses pour les acteurs plus modestes souhaitant se lancer sur le marché pétrolier vénézuélien. La Maison Blanche a toutefois souligné que l’administration Trump avait délivré un nombre record de licences générales en raison de l’intérêt marqué des entreprises pétrolières et gazières pour les infrastructures énergétiques du Venezuela.

« L’équipe du président travaille sans relâche pour répondre aux demandes des sociétés pétrolières et gazières. »

Taylor Rogers, porte-parole de la Maison Blanche

Le Bureau de contrôle des avoirs étrangers du Département du Trésor a d’ailleurs annoncé le vendredi 13 février deux nouvelles licences générales autorisant les producteurs de pétrole et de gaz à opérer au Venezuela. Cette mesure, qui bénéficiera notamment à Chevron, BP, Eni, Shell et Repsol, représente l’assouplissement le plus important des sanctions liées à la production à ce jour.

Le Trésor a précisé dans une foire aux questions publiée la semaine dernière que les transactions de vente de pétrole doivent se faire à des conditions commercialement raisonnables, conformes aux normes du marché. Il a également indiqué qu’une institution financière peut se fier aux déclarations de son client concernant la conformité à la licence 46, sauf si elle a des raisons de douter de cette conformité. Parallèlement, certains acheteurs potentiels attendent des autorisations de conformité internes avant de s’engager avec PDVSA, dans l’attente de clarifications supplémentaires du Trésor et de l’analyse juridique des nouvelles conditions.

Un point de friction demeure : les licences générales actuelles ne permettent pas de négocier le paiement de la dette avec les expéditions de pétrole, contrairement aux autorisations précédentes. Cela constitue un défi majeur pour de nombreux partenaires de PDVSA, qui cherchent avant tout à récupérer les millions de dollars qui leur sont dus.

Selon les derniers calendriers d’exportation de PDVSA, Vitol, Trafigura et Chevron continuent de dominer les exportations pétrolières vénézuéliennes, malgré les discussions menées par l’entreprise publique avec d’autres sociétés, notamment des raffineurs aux États-Unis et ailleurs, pour négocier des achats directs. Ces négociants devraient revendre le pétrole vénézuélien en Europe et en Asie, car les raffineries de la côte américaine du Golfe ont du mal à absorber l’augmentation rapide des livraisons de brut vénézuélien, après que des millions de barils aient été détournés de la Chine au cours des deux derniers mois. Plus d’informations sur Reuters.

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