Publié le 23 février 2026 à 10h35. L’Union européenne se trouve dans l’incapacité d’adopter de nouvelles sanctions contre la Russie, la Hongrie opposant son veto en raison d’un différend concernant l’approvisionnement en pétrole et un prêt substantiel à l’Ukraine.
- La Hongrie bloque l’adoption du 20ème train de sanctions contre la Russie et un prêt de 90 milliards d’euros (plus de 100 milliards de dollars) à l’Ukraine.
- Le veto hongrois est lié à la suspension des livraisons de pétrole russe via l’oléoduc Droujba, que Budapest considère comme une menace pour sa sécurité énergétique.
- La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, se montre pessimiste quant à la possibilité de surmonter l’opposition hongroise à court terme.
L’Union européenne est confrontée à un obstacle majeur dans sa politique de sanctions contre la Russie. La Hongrie a confirmé ce lundi son intention de bloquer l’adoption d’un nouveau paquet de sanctions, le vingtième en date, ainsi qu’un prêt de 90 milliards d’euros destiné à soutenir l’Ukraine. Cette décision intervient alors que l’invasion de l’Ukraine par la Russie approche de son quatrième anniversaire, qui sera marqué ce mardi.
Selon Kaja Kallas, la haute représentante de l’Union européenne pour la politique étrangère, les positions hongroises semblent inamovibles.
« Nous avons entendu des déclarations très fortes de la part de la Hongrie, malheureusement, je ne vois pas vraiment comment ils pourraient revenir sur la position qu’ils défendent aujourd’hui. »
Kaja Kallas, haute représentante de l’Union européenne pour la politique étrangère
Elle a toutefois souligné que l’UE continuait de chercher des solutions pour faire avancer ce dossier, rappelant que le précédent train de sanctions avait été approuvé en octobre dernier.
Le différend porte sur l’oléoduc Droujba, qui assurait l’approvisionnement en pétrole russe de la Hongrie et de la Slovaquie jusqu’à son arrêt le mois dernier, suite à des attaques répétées contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes. Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, considère la fermeture de cet oléoduc comme un « acte d’hostilité non provoqué » qui compromet la sécurité énergétique de son pays. Il a lié le déblocage des sanctions et du prêt à l’Ukraine à la reprise des livraisons de pétrole.
L’Ukraine a dénoncé la décision hongroise, la qualifiant de « chantage ». Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a exprimé son désaccord avec cette attitude, estimant qu’il n’était pas acceptable que la Hongrie « trahisse son propre combat pour la liberté et la souveraineté européennes ». Il a annoncé qu’il tenterait de convaincre Budapest de reconsidérer sa position.
Parallèlement, Kaja Kallas s’est montrée pessimiste quant aux perspectives de négociations de paix avec la Russie, estimant que les négociateurs russes ne les prenaient pas au sérieux et qu’ils exerçaient de fortes pressions sur l’Ukraine pour qu’elle cède du terrain.
« Je ne suis pas assez optimiste pour penser que nous verrons des résultats dans les semaines ou les mois à venir. »
Kaja Kallas, haute représentante de l’Union européenne pour la politique étrangère