Publié le 23 février 2026 à 14h38. Le président colombien Gustavo Petro a confirmé qu’une entreprise privée de son pays a chargé le pétrolier Ocean Mariner, intercepté par les garde-côtes américains après avoir dévié de sa route initiale en direction de Cuba, ravivant les tensions autour de l’embargo américain sur l’île.
Gustavo Petro a reconnu que le navire, qui avait initialement déclaré la République dominicaine comme destination, transportait du pétrole provenant d’une compagnie colombienne. Il a fermement nié toute implication de son gouvernement dans cette opération, rejetant les accusations de complicité avec le régime cubain.
L’incident a pris de l’ampleur après que le Ocean Mariner, parti d’un port près de Barranquilla, ait modifié sa trajectoire dans les Caraïbes, attirant l’attention des autorités américaines. La valeur de la transaction commerciale est estimée à environ 6,9 millions de dollars (environ 6,3 millions d’euros), et le navire a été inspecté par les douanes avant son départ.
Le président Petro a réagi aux critiques de Vicky Dávila, journaliste et candidate à la présidence, qui l’accusait de corruption et de complicité. Il a répondu avec fermeté :
« Complice de quoi ? »
Gustavo Petro, président colombien
Il a ensuite insisté sur le caractère privé de la transaction :
« L’entreprise qui charge le navire est une société privée, et cette compagnie pétrolière privée reçoit les documents du navire qui achète le pétrole, indiquant qu’il se dirige vers la République dominicaine. »
Gustavo Petro, président colombien
Petro a souligné que l’État colombien n’était pas impliqué dans la logistique ou la vente du carburant, affirmant :
« Il n’y a aucune irrégularité colombienne, ni publique ni privée. »
Gustavo Petro, président colombien
Au-delà de la clarification de cette affaire commerciale, le président colombien a profité de l’occasion pour critiquer l’embargo américain contre Cuba. Il a déclaré :
« La pratique consistant à bloquer un pays contre un autre ne conduit qu’au génocide et à l’extorsion de la population. »
Gustavo Petro, président colombien
Il a également rappelé la contribution de Cuba dans le domaine de la santé, notamment la production d’un vaccin anti-Covid pendant la pandémie.
Petro a même suggéré une nouvelle approche de la politique américaine envers La Havane, invitant les États-Unis à lancer un programme d’énergie solaire sur l’île. Il a également réaffirmé son engagement à remplacer le pétrole brut par l’énergie solaire comme axe énergétique régional.
Cet incident survient dans un contexte de crise économique à Cuba, marquée par des pénuries de carburant et des difficultés internes. Il ajoute une nouvelle tension potentielle aux relations commerciales dans la région des Caraïbes, alors que Washington durcit son discours à l’égard des pays entretenant des liens économiques avec Cuba.