Les marchés boursiers américains ont connu une chute brutale, alimentée par des craintes grandissantes concernant la solidité du secteur bancaire et la complexité des stratégies de hedge funds. Une volatilité accrue sur les marchés du crédit, liée à une prolifération de prêts opaques, semble être à l’origine de cette secousse.
Un vent de panique a soufflé sur les marchés américains. Les actions ont dégringolé, déclenchées par des propos d’un dirigeant bancaire sur les « cafards » qui pourraient grouiller dans le système financier. Cette inquiétude s’inscrit dans un contexte où le crédit privé, souvent accordé à des entreprises fragiles, accumule les risques. Quelques banques régionales ont déjà signalé des pertes significatives, imputées à des pratiques de prêt laxistes et à une mauvaise évaluation des risques de crédit. Cette nervosité a contagionné l’ensemble des places boursières américaines, entraînant un net recul des valeurs bancaires régionales hier.
Au-delà de ces préoccupations macroéconomiques, des facteurs techniques expliquent également cette forte turbulences. D’une part, des désordres se profilent dans le domaine du « dispersion trading ». Ce mécanisme implique d’acheter un volume d’une action tout en vendant un volume d’une autre, dans le but de profiter des écarts de prix. Un dénouement de ces positions tend à rapprocher la corrélation entre les actions individuelles et exerce une pression sur les indices de volatilité, tel que le VIX.
D’autre part, d’importants débouclages de positions ont secoué les stratégies de « long/short equity » des fonds spéculatifs. L’indice « Goldman Sachs VIP vs most shorted », qui cherche à répliquer un portefeuille type de ces fonds (composé d’actions de qualité en position longue et d’actions spéculatives en position courte), a chuté de plus de 20 % ces 30 derniers jours. Cette débâcle a ressemblé à un véritable « abattoir » pour ces fonds. La présence de banques régionales et d’autres « meme stocks » dans le panier des actions les plus vendues (« most shorted ») a amplifié l’impact de ces débouclages, créant un effet domino sur les marchés.
L’analyse des courbes de volatilité, notamment celle du VIX, confirme cette tension. Les contrats à court terme du VIX ont connu une explosion à la hausse, inversant la courbe. Ce mouvement traduit une pression vendeuse significative sur le marché actions (représenté par l’indice SPX), synchronisée avec certains dénouements observés dans le « dispersion trading ».