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Le voyage à Disney s’est terminé par l’expulsion de la mère et de sa fille de 9 ans

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Publié le 15 février 2026 10:01:00. Un voyage de rêve à Disney World s’est transformé en cauchemar pour une mère colombienne et sa fille de 9 ans, retenues pendant plus de quatre mois par les services de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) aux États-Unis avant d’être expulsées vers leur pays d’origine.

  • María Alejandra Montoya et sa fille María Antonia Guerra Montoya ont été arrêtées à l’aéroport de Miami le 2 octobre 2025.
  • La jeune fille a témoigné de conditions de détention difficiles au centre de Dilley, au Texas, notamment un manque de considération pour son régime végétarien et un environnement stressant pour les enfants.
  • Malgré une procédure de résidence en cours liée au mariage de la mère avec un citoyen américain, les autorités ont insisté pour qu’elles quittent le territoire.

Ce qui devait être des vacances inoubliables s’est brutalement arrêté à l’aéroport de Miami. María Alejandra Montoya et sa fille María Antonia, âgée de 9 ans, ont été interpellées le 2 octobre 2025 par les services de l’ICE. D’abord séparées, la jeune fille étant maintenue dans les locaux de l’aéroport, mère et fille ont ensuite été placées en garde à vue dans un centre de détention de l’ICE.

Leur calvaire a duré 128 jours. Envoyées au centre de détention de Dilley, au Texas, Montoya décrit un environnement carcéral où la présence massive d’enfants rendait l’atmosphère particulièrement pesante. Selon son témoignage, les conditions de détention étaient précaires et le bien-être des mineurs semblait négligé.

« Je suis venue en vacances dix jours » : le cri du cœur d’une enfant

L’arrestation de la mère et de la fille est devenue publique grâce à une lettre manuscrite de María Antonia, partagée par les médias après sa publication sur le portail ProPublica, selon Infobae. Dans ce poignant message, la jeune fille exprimait sa détresse après 113 jours de détention. Elle confiait le manque de ses amis et sa peur qu’ils ne l’oublient, rappelant qu’elle était venue « en vacances pendant dix jours » avant d’être emmenée par les agents de l’ICE.

Son appel au secours était direct et déchirant :

« Je ne suis pas heureuse à Dilley, s’il vous plaît, sortez-moi d’ici, en Colombie. »

Montoya décrit le centre de détention comme un lieu déshumanisant, composé de « boîtes avec des fenêtres » aux couleurs ternes. L’atmosphère, selon elle, se détériorait à mesure qu’elle constatait le nombre d’enfants enfermés. Elle dénonce également des pratiques qu’elle juge inhumaines envers les mineurs, évoquant des cris incessants et des ordres autoritaires, comme l’interdiction de jouer ou de courir, ainsi que l’utilisation fréquente d’un sifflet pour attirer leur attention.

María Antonia se plaignait également par écrit de l’absence de respect de son régime végétarien, affirmant qu’elle « ne mangeait pas bien » et qu’il n’y avait pas d’attention particulière portée à son éducation.

Montoya explique qu’à leur arrivée, elles avaient fourni des certificats médicaux et des antécédents médicaux. Malgré cela, la jeune fille a été interrogée par un aumônier pour justifier son régime végétarien et déterminer s’il était lié à des convictions religieuses.

Pendant les trois premiers mois, aucun régime alimentaire spécifique ne leur a été imposé, mais les soins étaient jugés « très basiques » et « de masse », sans accompagnement personnalisé pour une enfant dans une telle situation.

Séparation lors d’une hospitalisation et difficultés à obtenir de l’aide

Montoya raconte qu’elle a dû être hospitalisée d’urgence pour une complication rénale. Pendant cette période, elle et sa fille ont été séparées : elle a été transportée à l’hôpital tandis que María Antonia est restée sous la garde exclusive des agents de l’ICE.

Le mari de Montoya, citoyen américain, a tenté de les aider à l’aéroport, mais n’a pas pu les contacter ni leur fournir une assistance juridique immédiate.

Montoya explique qu’elle était engagée dans une procédure d’immigration auprès de l’USCIS (United States Citizenship and Immigration Services) suite à son mariage. Elle pensait que cette procédure lui permettait de rester aux États-Unis en attendant la résolution de sa demande de résidence permanente. Les autorités ont cependant exigé qu’elle attende la suite de la procédure dans son pays d’origine et qu’elle signe un document de départ volontaire.

Les autorités ont affirmé que sa fille était « inadmissible » et qu’elle devait l’accompagner dans son expulsion, faute de quoi elles seraient toutes les deux maintenues en détention. Montoya a insisté sur le fait qu’elle était mariée à un citoyen américain et qu’elle était en train de régulariser sa situation grâce à son mariage.

Finalement, au centre de Dilley, Montoya a signé un document d’auto-expulsion, malgré la poursuite de sa procédure de résidence permanente.

Retour en Colombie : la priorité à la reconstruction émotionnelle

La mère et la fille sont rentrées en Colombie le 6 février 2026. À leur retour, Montoya a déclaré que sa priorité était la reconstruction émotionnelle et psychologique, en particulier celle de sa fille.

María Antonia, de retour en Colombie, a envoyé un message d’encouragement aux autres enfants restés à Dilley, leur assurant qu’elle comprenait leur tristesse et leur sentiment d’abandon, mais qu’elle avait réussi à sortir et qu’eux aussi, ils finiraient par être libérés.

L’histoire de Montoya et de sa fille illustre, selon ce rapport, l’impact des politiques d’immigration et du système de détention sur les personnes les plus vulnérables, soulignant que les deux femmes ont passé plus de quatre mois dans des centres de détention de l’ICE.

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