Publié le 2025-10-22 08:14:00. La croissance économique irlandaise devrait dépasser les prévisions pour l’année en cours, grâce à un impact moins préjudiciable que redouté des droits de douane américains et à l’évitement de modifications fiscales défavorables aux États-Unis, selon une analyse de Goodbody Stockbrokers.
- L’économie irlandaise est désormais attendue en croissance de 3,6 % en 2025, supérieure aux 3 % initialement prévus.
- Les craintes liées aux tarifs douaniers américains se sont estompées grâce à un accord sur une taxe de 15 %, jugée moins sévère que les menaces initiales.
- L’absence de réforme de l’impôt sur les sociétés aux États-Unis a également contribué à sécuriser la compétitivité de l’Irlande.
L’Irlande a « esquivé une balle » concernant les modifications de l’impôt sur les sociétés aux États-Unis, d’après Dermot O’Leary, économiste en chef chez Goodbody. L’échec de l’administration Trump à faire adopter ses propositions par le Congrès américain a permis d’éviter des mesures qui auraient pu nuire à la compétitivité de l’économie irlandaise. Les pires craintes concernant les tarifs douaniers ne se sont pas non plus concrétisées, un accord ayant été trouvé pour imposer une taxe de 15 % sur certains produits européens à destination des États-Unis. Si ces droits de douane représentent une « barrière importante », ils sont « bien moins sévères que la punition autrefois menacée ». Il est à noter que la grande majorité des exportations irlandaises vers les États-Unis, principalement dans le secteur pharmaceutique, ne sont pas concernées par ces taxes.
Malgré ces bonnes nouvelles, les changements fiscaux et tarifaires pourraient représenter un défi à long terme pour l’Irlande, risquant d’affaiblir son attractivité pour les futurs investissements multinationaux. Selon le rapport de Goodbody, le modèle économique irlandais visait davantage à attirer les entreprises pour exporter vers le marché européen et mondial, plutôt que de servir de base pour des exportations vers les États-Unis. Les annonces de création d’emplois par des entreprises soutenues par l’IDA (Industrial Development Agency) ont ainsi baissé de 16 % sur un an, signe que les entreprises américaines pourraient privilégier les investissements nationaux.
En ce qui concerne le secteur du logement, Goodbody anticipe la construction de 33 845 logements cette année, un chiffre qui devrait passer à 37 272 en 2025 et atteindre 39 126 en 2026. Cependant, une inquiétude demeure : les permis de construire ont atteint leur plus bas niveau en cinq ans au deuxième trimestre, augmentant le risque que le gouvernement ne parvienne pas à son objectif de 303 000 logements construits entre 2025 et 2030. Des réformes des loyers, des ajustements des normes pour les appartements et une réduction de la TVA sur la vente d’appartements devraient cependant encourager le secteur privé à contribuer davantage.
Concernant les finances publiques, le rapport souligne une augmentation des dépenses publiques, qui devraient croître de 8,6 % cette année et de 8,2 % en 2026, dépassant ainsi la règle des 5 % de dépenses, abandonnée par la coalition gouvernementale. Cette « dérive des dépenses » pourrait potentiellement entraîner une surchauffe de l’économie. Bien que le gouvernement ait présenté un plan de développement national ambitieux pour les cinq prochaines années, la combinaison de dépenses d’investissement importantes et d’une économie proche de sa pleine capacité impose des arbitrages. Les analystes de Goodbody estiment qu’une meilleure maîtrise des dépenses courantes aurait été préférable ces dernières années.