Home Économie L’économie mondiale s’essouffle – les orages d’été risquent de se poursuivre (Banque Sarasin & Cie AG)

L’économie mondiale s’essouffle – les orages d’été risquent de se poursuivre (Banque Sarasin & Cie AG)

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Publié le 2011-07-07 00:31:00. Les marchés financiers sont frappés par une nouvelle vague de turbulences, marquant un recul des indicateurs économiques mondiaux au deuxième trimestre 2011, selon les analyses de la Banque Sarasin. La crise de la dette dans la zone euro et les répercussions du séisme japonais alimentent un climat d’incertitude.

  • La Banque Sarasin anticipe la poursuite d’un environnement économique tendu au troisième trimestre et recommande une stratégie de réduction des risques.
  • Les effets du séisme japonais sur les chaînes d’approvisionnement ont contribué à un net ralentissement de la production de biens technologiques et de pièces automobiles.
  • Les obligations d’entreprises restent jugées plus attrayantes que les obligations d’État dans les trimestres à venir.

Le pic de la reprise économique post-crise financière, atteint au premier trimestre 2011, semble désormais derrière nous. Les indicateurs économiques aux États-Unis et en Europe ont connu une chute plus prononcée qu’anticipé entre avril et juin 2011. Les analystes de la Banque Sarasin attribuent en partie ce fléchissement à la perturbation des chaînes d’approvisionnement mondiales causée par le séisme au Japon, dont les effets sur la production de biens technologiques et de pièces automobiles se font sentir avec un décalage de plusieurs mois en Europe et aux États-Unis. La baisse des indices de confiance reflète cette conjoncture, faisant écho à la chute significative de l’indice des directeurs d’achat japonais en mars.

Ces nouvelles projections ramènent la prévision de croissance économique mondiale pour 2011 à 4,3 % (contre 4,8 % initialement annoncés). Dans ce contexte, la crainte d’une inflation généralisée s’estompe. L’année 2012 pourrait être marquée par une « gueule de bois » économique après l’euphorie de la reprise post-crise. Cependant, la Banque Sarasin n’anticipe pas d’atterrissage brutal de l’économie mondiale, considérant les mises en garde concernant la Chine comme excessives.

« La phase de forte reprise après la profonde récession de fin 2008/début 2009 est enfin terminée. Malgré tous les risques économiques à court terme et les scénarios de ralentissement à moyen terme, il ne faut pas oublier que l’économie mondiale est bien plus robuste qu’en 2010. Les conditions que nous attendions au début de la reprise auraient été en grande partie atteintes. »

Jan Amrit Poser, Responsable de la Recherche et Économiste en chef, Banque Sarasin

La crise de la dette dans la zone euro continue de peser sur les marchés. Une décote sur la dette grecque affecterait principalement les banques du pays, mais l’impact sur les autres institutions financières et les risques de contagion sur les marchés interbancaires et du crédit demeurent des préoccupations majeures.

« Même si nous nous attendons à une reprise technique des marchés boursiers au début du troisième trimestre, les risques pour les actions resteront élevés cet été. Nous prévoyons que les estimations des bénéfices des entreprises devront être considérablement revues à la baisse. Ce n’est qu’à l’automne qu’on saura si l’économie mondiale se redressera après le ralentissement de la croissance. Dans ce cas, il y aurait un rebond de fin d’année à prévoir. »

Philipp E. Bärtschi, Stratège en chef, Banque Sarasin

Plutôt qu’une restructuration formelle, la Banque Sarasin mise sur la mise en œuvre de l’« Initiative de Vienne », qui verrait les créanciers renoncer volontairement au remboursement de certaines obligations ou en prolonger la durée pour éviter un défaut de la Grèce. Une autre possibilité serait un simple report des problèmes, attendant que les banques soient mieux capitalisées ou aient écoulé leurs titres problématiques.

Dans ce contexte, des opportunités d’investissement se présentent dans le secteur financier. Pour les investisseurs recherchant la prudence, la Banque Sarasin recommande des valeurs bancaires et d’assurance peu exposées à la dette grecque, telles que Credit Suisse, Standard Chartered et UBS.

Les investisseurs plus averses au risque pourraient se tourner vers des banques comme BBVA, BNP Paribas, Commerzbank et Société Générale, considérées comme attractives et capables d’absorber une restructuration de dette. Côté assurances, les analystes citent AXA, Allianz, Munich Re, Bâloise et Zurich Financial Services.

Une stabilisation de la situation politique et économique en Grèce pourrait également entraîner une dépréciation du franc suisse, actuellement jugé surévalué. La Banque Sarasin estime sa juste valeur face à l’euro à 1,38, un niveau nettement supérieur à celui de début juillet 2011. Cependant, le potentiel de faiblesse du franc reste limité par les risques économiques croissants. Une politique monétaire plus restrictive de la Réserve fédérale américaine (Fed) tendrait à favoriser l’euro, tandis que le yen japonais devrait conserver sa force à court terme, son désavantage de taux d’intérêt ne se manifestant qu’en 2012.

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