Une étoile massive de la galaxie d’Andromède semble avoir disparu sans laisser de trace d’explosion, un phénomène rare qui défie les théories actuelles sur la mort des étoiles. Cette observation pourrait confirmer l’existence de « supernovas ratées », où un astre s’effondre directement en trou noir.
L’objet, baptisé M31-2014-DS1, avait brièvement augmenté en luminosité en 2014 avant de s’éteindre progressivement, devenant invisible même pour le télescope spatial Hubble. Les astronomes ont détecté un léger nuage de gaz et de poussière s’éloignant lentement de la zone, suggérant que les couches externes de l’étoile ont été éjectées juste avant son effondrement.
Normalement, la mort d’une étoile massive se manifeste par une supernova, une explosion cataclysmique qui projette les couches externes de l’étoile dans l’espace et produit une lumière intense. Or, aucun signal typique de supernova n’a été observé dans le cas de M31-2014-DS1. Selon une étude publiée dans la revue Science, cette disparition silencieuse indiquerait la formation directe d’un trou noir, un scénario longtemps considéré comme purement théorique.
Ce phénomène remet en question la compréhension établie de l’évolution stellaire. Jusqu’à présent, on pensait que l’effondrement de toute étoile massive déclenchait une explosion, donnant naissance à une étoile à neutrons ou, ultimement, à un trou noir. L’étude suggère que certaines étoiles, les plus massives, pourraient échapper à cette explosion.
Dans ce scénario, le noyau de l’étoile s’effondre si rapidement qu’aucune onde de choc ne parvient à éjecter les couches externes, entraînant une disparition complète. Ce processus aurait des implications importantes sur la manière dont les éléments lourds sont dispersés dans l’univers. Les supernovas ordinaires sont en effet responsables de l’enrichissement du cosmos en métaux, mais une « supernova ratée » piège ces éléments dans le trou noir nouvellement formé.
D’autres cas similaires, comme N6946-BH1, ont déjà été observés, mais M31-2014-DS1 présente des caractéristiques plus nettes, renforçant l’hypothèse d’un effondrement sans explosion. Ce type de mort stellaire pourrait être plus fréquent qu’on ne le pensait, et sa confirmation nécessiterait une révision des modèles d’évolution stellaire.
Par ailleurs, les « supernovas ratées » pourraient expliquer l’origine de certains trous noirs très massifs détectés par les observatoires d’ondes gravitationnelles, tels que LIGO et Virgo. L’accumulation de matière directement dans le trou noir, sans dispersion préalable, pourrait expliquer leur masse plus importante que celle attendue après une supernova classique. En modifiant la manière dont les galaxies évoluent, ces événements silencieux pourraient même nous obliger à repenser le rôle des supernovas dans l’histoire du cosmos.