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L’Égypte abrite une première phase de négociations entre Israël et le Hamas

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Publié le 2025-10-06 09:17:00. L’Égypte accueille cette semaine des pourparlers cruciaux, sous l’égide de médiateurs internationaux, visant à obtenir la libération des otages israéliens encore détenus à Gaza. Ces discussions interviennent alors que l’anniversaire de l’attaque du Hamas contre Israël approche, dans un contexte de tensions persistantes et d’ appels à un cessez-le-feu.

  • Les délégations du Hamas et d’Israël sont réunies en Égypte pour des négociations indirectes sur la libération des otages.
  • Un plan américain, soutenu par Israël mais jugé « irréaliste » par le Hamas concernant certains délais, est au cœur des discussions.
  • Le désarmement du Hamas reste un point de friction majeur, le groupe islamiste posant des conditions strictes pour sa coopération.

Des négociations indirectes ont débuté lundi en Égypte, à Charm el-Cheikh, entre les délégations du Hamas et d’Israël. L’objectif principal est de parvenir à la libération des otages israéliens encore retenus dans la bande de Gaza. Cette initiative diplomatique, qui réunit également des représentants américains, égyptiens et qataris, se déroule à la veille du deuxième anniversaire des attaques sans précédent perpétrées par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, attaques qui avaient causé la mort de 1 200 Israéliens.

Au cœur des discussions se trouve une proposition, initialement avancée par l’administration américaine de Donald Trump, qui prévoyait une libération des otages dans un délai de 72 heures. Cependant, le Hamas, tout en ayant accepté de négocier, a qualifié ce scénario de « irréaliste ». Selon l’armée israélienne, sur les 251 personnes enlevées le 7 octobre, 48 seraient encore détenues à Gaza, dont 20 seraient décédées.

La délégation du Hamas, menée par Khalil al-Hayya, est arrivée au Caire dimanche soir. Il s’agit de la première visite de Hayya en Égypte depuis une attaque israélienne à Doha, capitale qatarie, en septembre. Ron Dermer, ministre des Affaires stratégiques et négociateur en chef israélien, devait rejoindre les pourparlers dans la journée de lundi. Une délégation américaine dirigée par l’envoyé spécial de Donald Trump pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, ainsi que des négociateurs de haut rang d’Égypte et du Qatar, sont également attendus.

« Nous saurons très bientôt si le Hamas est sérieux ou non, selon la façon dont ces conversations se dérouleront. »

Marco Rubio, Secrétaire d’État américain

Le Hamas a posé ses conditions pour un accord : la suspension de toutes les opérations militaires israéliennes, la fin de la surveillance aérienne sur la bande de Gaza et le retrait des forces israéliennes de la ville de Gaza. Malgré les appels de Donald Trump à une cessation « immédiate » des bombardements, l’armée israélienne a poursuivi ses opérations durant le week-end, entraînant la mort de près de 60 personnes samedi et 20 dimanche, selon la défense civile de l’enclave. Néanmoins, dans les premières heures de lundi, et pour la première fois depuis plusieurs mois, aucune victime israélienne n’a été recensée dans la région, bien que des bombardements aient été signalés.

Le gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré soutenir le plan de Donald Trump, tout en précisant que ses troupes resteraient déployées dans la majeure partie de la bande de Gaza. Le président américain a indiqué samedi qu’Israël avait accepté une « ligne de retrait » initiale de 1,5 à 3,5 kilomètres en territoire palestinien. Cette distance devrait être ajustée au fur et à mesure de l’avancement sur des points spécifiques du plan, notamment la mise en place d’un gouvernement de transition à Gaza, sans la présence politique du Hamas.

Le désarmement du Hamas, dans les airs

Bien que le Hamas ait accepté le plan de Trump vendredi et réitéré dimanche sa volonté de négocier, le groupe islamiste a systématiquement éludé la question de son désarmement. Il a rejeté cette proposition à plusieurs reprises, la conditionnant à un « retrait total » d’Israël de Gaza. De son côté, Benjamin Netanyahu a affirmé qu’il n’abandonnerait pas complètement Gaza tant que le Hamas n’aurait pas rendu ses armes.

« Si les négociations échouent, nous reprendrons le combat. »

Herzi Halevi, Chef d’état-major général de l’armée israélienne

Dans ce contexte, un responsable informé des pourparlers en Égypte a confirmé à Reuters que les négociateurs se concentreront sur l’obtention d’un accord global avant la mise en œuvre d’un éventuel cessez-le-feu, incluant le désarmement du Hamas parmi ses clauses.

L’Iran soutient toute initiative de trêve à Gaza

L’Iran, principal allié du Hamas au Moyen-Orient, a exprimé son soutien à toute initiative visant à mettre fin aux « crimes de guerre » et au « nettoyage ethnique » perpétrés par Israël dans la bande de Gaza.

Dans un communiqué, le ministère iranien des Affaires étrangères a rappelé la « responsabilité juridique et morale » de la communauté internationale pour cesser le « génocide en cours » à Gaza. Il a souligné que toute décision concernant un possible cessez-le-feu ou les termes d’un accord devait être prise par les « Palestiniens et la résistance », faisant référence au Hamas.

Haizam Amirah, directrice exécutive du Center for Contemporary Arab Studies: « Le fait que le Hamas ait accepté met beaucoup de pression au gouvernement de Netanyahu »

Le ministère iranien a également insisté sur le fait qu’une cessation des hostilités « n’exonère pas » les États-Unis ou les institutions internationales de leur obligation d' »enquêter et juger les crimes de guerre et contre l’humanité » commis par Israël à Gaza. Il est rappelé que Benjamin Netanyahu et l’ancien ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, font face à des mandats d’arrêt émis par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre, tout comme plusieurs dirigeants du Hamas avant d’être éliminés par Israël.

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