Home Économie L’ère des milliards… d’or et de technologie. À qui appartient le sommet ?

L’ère des milliards… d’or et de technologie. À qui appartient le sommet ?

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Publié le 2025-11-01 13:55:00. La Banque mondiale anticipe une divergence marquée sur les marchés mondiaux : tandis que les matières premières entrent dans une phase baissière, l’or et l’argent atteignent des sommets historiques, portés par l’incertitude économique et les tensions géopolitiques. Parallèlement, le secteur technologique poursuit sa fulgurante ascension, dessinant un paysage d’investissement aux équilibres complexes.

  • Les prix des matières premières devraient connaître une baisse continue jusqu’en 2026, atteignant leur plus bas niveau depuis plusieurs années après une forte hausse en 2024.
  • L’or et l’argent s’affirment comme des valeurs refuges, leurs prix grimpant à des niveaux record en raison de la demande des banques centrales et de l’instabilité géopolitique.
  • Le secteur technologique, dopé par l’intelligence artificielle, attire massivement les capitaux en quête de rendements élevés.

Après une envolée de 42 % au cours de l’année écoulée, les prix des matières premières devraient amorcer une décrue significative. La Banque mondiale table sur une diminution de 7 % en 2025 et 2026, marquant ainsi une quatrième année consécutive de recul. Cette tendance s’explique principalement par un ralentissement de la croissance économique mondiale et par un climat d’incertitude persistant. Le rapport souligne d’ailleurs que les prix de denrées essentielles comme le riz, le blé et le maïs ont déjà baissé, une offre mondiale abondante contribuant à améliorer l’accès à une alimentation abordable dans les pays en développement.

Dans un tout autre registre, les métaux précieux affichent une santé éclatante. L’or et l’argent devraient continuer sur leur lancée haussière pour atteindre des sommets en 2025. Cette performance s’appuie sur plusieurs facteurs structurels, notamment les achats soutenus des banques centrales, désireuses de renforcer leurs réserves, et la demande croissante pour les actifs considérés comme sûrs face aux tensions géopolitiques et aux conflits régionaux. Ces éléments sont de nature à maintenir une pression haussière, y compris sur le cours du pétrole.

La dynamique actuelle des marchés financiers met en lumière une interaction singulière entre l’or, valeur refuge par excellence, les actions technologiques, porteuses de croissance et de risques élevés, et la vigueur du dollar américain. Historiquement, le prix de l’or a souvent évolué à l’inverse de celui du dollar. Une appréciation de la monnaie américaine rend en effet l’or plus coûteux pour les détenteurs d’autres devises, pesant ainsi sur sa demande et son prix.

Malgré les perspectives positives pour l’or, sa trajectoire reste influencée par les données d’inflation et les décisions des banques centrales, en particulier de la Réserve fédérale américaine. Si le dollar américain consolide sa position de monnaie refuge mondiale, cela pourrait modérer l’ampleur des hausses de l’or. Cependant, les moteurs actuels de cette montée – achats par les banques centrales et incertitudes géopolitiques – sont des facteurs de fond qui transcendent les fluctuations quotidiennes du dollar.

La psychologie des marchés semble ainsi divisée : la « peur », « l’incertitude » et la recherche de couverture contre les risques poussent les investisseurs vers l’or. Inversement, « l’optimisme », la « croissance » et les investissements massifs dans l’intelligence artificielle (IA) stimulent les valeurs technologiques, attirant des capitaux à la recherche de rendements importants. Lorsque les entreprises technologiques affichent des bénéfices solides, on observe un mouvement de capitaux des actifs moins rémunérateurs, comme l’or, vers ces valeurs de croissance, expliquant pourquoi les indices boursiers peuvent se stabiliser, voire progresser, les jours où l’or enregistre des prises de bénéfices.

À long terme, l’or demeure une valeur refuge, tandis que les valeurs technologiques représentent un pari sur l’avenir et la croissance. Ces deux types d’actifs trouvent leur prospérité dans un environnement marqué par les transformations et la volatilité économiques. Le rapport de la Banque mondiale met en exergue un intérêt particulier pour l’argent, qualifié « d’or industriel » en raison de sa double fonction. En 2025, le métal blanc devrait ainsi connaître une appréciation de 34 %, suivie d’une hausse supplémentaire de 8 % en 2026. Son potentiel est renforcé par une demande croissante dans des secteurs industriels d’avenir, tels que l’énergie solaire et l’électronique, lui conférant un levier de croissance que l’or ne possède pas dans la même mesure.

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