Publié le 14 octobre 2025. Des rumeurs persistantes d’un possible rachat d’easyJet par le groupe maritime suisse MSC ont fait bondir le cours de l’action de la compagnie aérienne à bas prix ce mardi, ravivant le spectre d’une nouvelle sortie majeure de la Bourse de Londres.
Le titre de la deuxième compagnie aérienne européenne à bas coûts s’est envolé, atteignant une hausse de 12% suite à des informations publiées par le quotidien italien Corriere Della Sera. Citant trois sources anonymes proches du dossier, le journal évoque l’intérêt du géant suisse MSC pour une acquisition, potentiellement avec une prise de participation majoritaire, voire un contrôle total de la compagnie britannique.
Cette flambée a toutefois été quelque peu tempérée en cours de journée. Ni easyJet, qui a déclaré ne pas commenter les spéculations, ni MSC, qui a nié toute implication directe dans des négociations, n’ont apporté de confirmation officielle. Malgré ces démentis prudents, l’action easyJet conservait une progression d’environ 4,5% à la mi-journée.
Ce n’est pas la première fois qu’easyJet attire les convoitises. En septembre 2021, la compagnie avait déjà repoussé une proposition de rachat de la part de son rival Wizz Air, dans un contexte où elle menait une levée de fonds de 1,2 milliard de livres sterling.
Pour Dan Coatsworth, responsable des marchés chez AJ Bell, ces nouvelles rumeurs pourraient attirer d’autres potentiels acquéreurs. « Les actionnaires pourraient être frustrés de voir que le marché ne valorise pas davantage easyJet, et pourraient donc se montrer réceptifs à une offre si le prix est attractif », analyse-t-il. Il souligne cependant que Stelios Haji-Ioannou, fondateur milliardaire d’easyJet et toujours principal actionnaire avec près de 15% du capital, pourrait se poser en obstacle s’il estime le prix insuffisant : « Il voudra sans aucun doute le gros lot », prédit-il.
easyJet, dont le siège est à Luton et qui emploie plus de 16 000 personnes dans le monde, fait partie des trois principales compagnies aériennes à bas coûts d’Europe, derrière Ryanair et devant Wizz Air. Son cours de bourse reste inférieur de moitié à ses niveaux d’avant la pandémie, pâtissant de la volatilité des prix du carburant, d’une confiance fragile des consommateurs et des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement du secteur aérien.
Malgré ces défis, la direction d’easyJet a indiqué en mai dernier anticiper un bénéfice avant impôts supérieur à un milliard de livres sterling à moyen terme. L’an dernier, le bénéfice avant impôts s’élevait à 602 millions de livres sterling pour un chiffre d’affaires de 9,3 milliards de livres sterling.
Un rachat de cette compagnie cotée au FTSE 100 marquerait une nouvelle déconvenue pour la Bourse de Londres, qui a déjà vu plusieurs sociétés de premier plan quitter ses rangs ces dernières années, dont Ashtead, Flutter Entertainment et CRH. MSC, basé à Genève, avait tenté, sans succès, de lancer une offre sur ITA Airways en 2022 en partenariat avec Lufthansa. Le groupe opère également des activités dans le transport de passagers via MSC Croisières et Grandi Navi Veloci.
Alex Irving, analyste chez Bernstein, se montre plus réservé quant à la logique industrielle d’une telle union : « Bien que la synergie industrielle entre MSC et la deuxième compagnie aérienne européenne de transport point à point ne nous semble pas évidente, une opportunité pourrait-elle se présenter ? » s’interroge-t-il.