Publié le 2025-10-14 17:27:00. La disparition du peintre René Olivares, artisan de l’identité visuelle du groupe chilien Los Jaivas, a suscité une émotion vive. Le musicien et poète Eduardo Parra, membre du groupe, lui a rendu un hommage vibrant, retraçant son parcours et son lien indéfectible avec la formation musicale.
- René Olivares, né à Santiago en 1946, a débuté très jeune dans le monde de la presse et de l’illustration, côtoyant des figures majeures de la bande dessinée chilienne.
- Son œuvre picturale, marquée par une vision cosmique du paysage chilien, a profondément influencé l’identité visuelle du groupe Los Jaivas, notamment à travers les pochettes d’albums.
- La collaboration entre Olivares et Los Jaivas a débuté en 1970, scellant une amitié et une connexion artistique « inconditionnelle » que souligne Eduardo Parra.
René Olivares Espínola a vu le jour à Santiago du Chili en 1946. Son enfance, baignée dans un environnement intellectuel fécond – son père dirigeant la revue satirique *Topaze* –, l’a rapidement orienté vers le dessin. Dès l’âge de douze ans, il tenait une table à dessin au sein de la rédaction de la revue *Pandilla*, dirigée par Marcela Paz, l’auteure des célèbres *Papelucho*. Ce lieu, les bureaux des éditions Zig-Zag, était alors un pôle créatif majeur, abritant notamment les ateliers de Pepo, le dessinateur de *Condorito*. C’est dans ce contexte que le jeune René, admiratif, rendait visite au maître, une anecdote qui plus tard le fera dire avec humour que son art s’étendait de Pepo à Matta.
Au-delà de ses débuts prometteurs, René Olivares a nourri un esprit aventureux et une soif de découverte. À vingt-trois ans, il s’est envolé pour Rome où il a résidé quelques mois, se consacrant à la peinture. Son regard s’est ensuite tourné vers Rapa Nui (l’Île de Pâques), un lieu qui lui offrit la liberté du Pacifique et l’inspiration puisée dans les légendes polynésiennes. Ces périples, tant géographiques qu’intérieurs, l’ont conduit à explorer des « mondes secrets » et des « univers invisibles », forgeant ainsi son imaginaire singulier.
Le lien entre René Olivares et Los Jaivas est décrit par Eduardo Parra comme une fusion essentielle : « René Olivares fait partie de Los Jaivas. Il n’y a pas de Jaivas sans René Olivares ni de René Olivares sans Jaivas ». Bien que son visage soit moins connu de certains fans, sa présence picturale et « stellaire » demeure indissociable de la musique du groupe. Les auditeurs associent souvent les paysages saisissants peints par Olivares aux mélodies de Los Jaivas, une synergie née d’une rencontre fortuite en 1970. Eduardo Parra raconte : « René et moi nous sommes rencontrés en 1970 lorsque nous avons découvert une heureuse coïncidence entre notre proposition musicale et son travail plastique. Le célèbre tableau qui sert de couverture à l’album intitulé *El Indio* a suscité l’admiration de Gato Alquinta qui, à cette époque, écrivait *Indio Hermano*. La découverte a motivé l’inclusion immédiate de cette image dans la production de notre deuxième single. » Cette convergence artistique a scellé une amitié « inconditionnelle » et le début d’un parcours créatif partagé.
L’œuvre d’Olivares se caractérise par une approche unique du paysage chilien. Pour le peintre, celui-ci n’est pas une simple représentation, mais une « conséquence cosmique ». La Terre, ses champs, semblent flotter dans un espace infini, une vision qui a toujours nourri l’inspiration et le pinceau de René Olivares, capturant les couleurs de sa « longue et inconnue patrie ».