L’arrestation et l’inculpation de Nicolás Maduro et de son épouse, Cilia Flores, aux États-Unis pour trafic de drogue et terrorisme ont suscité des réactions partagées au sein de l’opinion publique américaine, selon un récent sondage. L’opération, qui vise à traduire le président vénézuélien devant la justice américaine, divise profondément les électeurs.
Le sondage CBS News/YouGov révèle que 36 % des Américains « soutiennent fortement ou plutôt » l’éviction de Maduro, tandis que 39 % s’y opposent « fortement ou plutôt ». Un quart des personnes interrogées (25 %) se déclarent indécises. Les clivages politiques sont marqués : 63 % des démocrates sont opposés à cette action, contre seulement 14 % qui la soutiennent. À l’inverse, 66 % des républicains approuvent l’opération, tandis que 13 % la désapprouvent. Les électeurs indépendants se montrent majoritairement opposés à la destitution de Maduro, avec 44 % d’opposants et 27 % de partisans.
Au-delà de l’approbation de l’opération, le sondage interroge les Américains sur les conséquences potentielles du départ de Maduro. 36 % estiment que les États-Unis s’en porteraient mieux sans lui, tandis que seulement 10 % pensent que sa présence serait plus favorable. Cependant, une majorité significative (55 %) se dit incertaine des implications d’un tel changement pour les États-Unis.
Maduro et son épouse sont accusés de complot de narcoterrorisme, de complot d’importation de cocaïne, de possession d’armes automatiques et d’explosifs, ainsi que de complot en vue de posséder ces armes. Ils ont été inculpés devant un tribunal fédéral du district sud de New York. Lors de sa première comparution lundi, Maduro a déclaré devant le juge :
« Je suis un homme honnête, le président de mon pays. »
L’acte d’accusation détaille des allégations selon lesquelles Maduro aurait offert une couverture diplomatique à des trafiquants de drogue, dirigé une opération de trafic de cocaïne en collaboration avec son épouse, et entretenu des liens avec des groupes terroristes et des cartels de la drogue pendant plus de 25 ans.
Par ailleurs, l’administration Trump a profité de cette situation pour adresser des avertissements à d’autres pays. Le président Trump a notamment mis en garde le Mexique, exigeant qu’il déploie son armée contre les cartels de la drogue, et a suggéré que Cuba était « sur le point de s’effondrer », soulignant les difficultés économiques de l’île et sa dépendance vis-à-vis du Venezuela. Il a également critiqué le président colombien Gustavo Petro, le qualifiant de « homme malade qui aime fabriquer de la cocaïne et la vendre aux États-Unis », ajoutant qu’il ne resterait pas longtemps en fonction. Mercredi, Trump a eu une conversation téléphonique avec Petro, au cours de laquelle il a déclaré qu’il « appréciait son appel et son ton ». Les deux hommes prévoient de se rencontrer à la Maison Blanche « dans un avenir proche », a annoncé Trump sur son réseau social Truth Social.