Publié le 14 février 2026 à 22h39 (heure de La Mecque). Les récents « dossiers Epstein » révèlent un réseau d’influence tentaculaire tissé par le financier américain Jeffrey Epstein en Afrique, impliquant des chefs d’État, des ministres et des hommes d’affaires de premier plan.
Les journaux français Le Monde et Le Figaro ont mis en lumière l’ampleur de l’infiltration du continent africain par Jeffrey Epstein, condamné pour crimes sexuels et accusé de trafic de mineurs. L’enquête révèle comment il a exploité sa fortune et ses relations internationales pour servir ses intérêts économiques et personnels.
Au Sénégal, le nom de Karim Wade, fils de l’ancien président Abdoulaye Wade, revient à plusieurs reprises dans les documents. Le Monde précise que son nom apparaît à 504 reprises, Epstein le qualifiant de « l’acteur le plus important d’Afrique ». Les documents montrent qu’Epstein a fourni un soutien financier de 100 000 $ (environ 92 000 €) à Karim Wade pour des activités de lobbying à Washington pendant son emprisonnement.
En Côte d’Ivoire, l’enquête met en cause Nina Keita, nièce du président Alassane Ouattara. Elle aurait joué un rôle de « marraine », facilitant les déplacements d’Epstein, lui accordant des privilèges de sécurité à l’aéroport et l’aidant à conclure des accords pour la vente de systèmes de surveillance israéliens. Selon Le Monde, les documents révèlent également des demandes sexuelles explicites d’Epstein, notamment une préférence pour des femmes de moins de 25 ans :
« Je préfère qu’il ait moins de 25 ans. »
Les documents révèlent une longue correspondance débutée à l’automne 2011, dans laquelle Keita, ancienne mannequin, a agi comme intermédiaire pour organiser des rencontres entre Epstein et le président Ouattara, et faciliter ses entrées dans le pays avec des « privilèges spéciaux » et la mise à disposition de voitures de sécurité, selon Le Figaro.
Le réseau d’Epstein incluait également Hamed Bakayoko, alors ministre de l’Intérieur (décédé en 2021), que Keita décrivait comme le « jumeau ivoirien » d’Epstein. Une invitation à Epstein à participer à une soirée privée dans le « penthouse » du ministre a été mentionnée, suscitant aujourd’hui la controverse. L’affaire concerne également Abidjan, selon Le Figaro.

Le Maroc aurait servi de « refuge » à Epstein pour échapper aux poursuites judiciaires américaines, en raison de l’absence d’accord d’extradition entre les deux pays. En septembre 2017, il déclarait :
« Mes îles ont été détruites… J’ai besoin d’une alternative. »
Par l’intermédiaire de l’ancien ministre français de la Culture Jack Lang, Epstein a tenté d’acquérir un luxueux palais à Marrakech, dans le cadre d’une transaction « offshore » estimée à 5,4 millions d’euros. Cette opération n’a finalement pas abouti.
Le Monde révèle également qu’Epstein cherchait à améliorer son image en Afrique en finançant des œuvres caritatives, notamment en se rapprochant du président rwandais Paul Kagame. Il a également accompagné l’ancien président américain Bill Clinton lors d’un voyage en Afrique en 2002. Un rapport du FBI mentionne des « transgressions éthiques » à bord de l’avion privé d’Epstein, avec des témoignages de harcèlement envers des jeunes femmes.