Affaire Brian Thompson : La défense de Luigi Mangione demande le rejet de charges capitales
NEW YORK – Les avocats de Luigi Mangione, accusé du meurtre du PDG de UnitedHealthcare en décembre 2017, ont saisi un juge fédéral de New York pour demander l’abandon de plusieurs chefs d’accusation, y compris celui passible de la peine de mort. Ils invoquent des vices de procédure, notamment l’absence de notification des droits de leur client et une perquisition sans mandat de son sac à dos.
Dans des documents déposés auprès du tribunal fédéral de Manhattan, la défense soutient que les procureurs devraient également être privés de la possibilité d’utiliser contre Mangione les déclarations qu’il a faites aux forces de l’ordre ainsi que le contenu de son sac à dos, où une arme à feu et des munitions avaient été retrouvés. Mangione, âgé de 27 ans, a plaidé non coupable de l’ensemble des accusations fédérales et étatiques le concernant dans la fusillade mortelle de Brian Thompson.
Le meurtre, survenu alors que Brian Thompson arrivait dans un hôtel de Manhattan pour une conférence d’investisseurs, avait déclenché une vaste chasse à l’homme. Le tireur présumé s’était enfui à vélo avant de prendre un taxi pour un dépôt de bus inter-États. C’est grâce à une information provenant d’un McDonald’s situé à près de 375 kilomètres de là, à Altoona en Pennsylvanie, que Luigi Mangione avait été arrêté cinq jours plus tard. Il est depuis lors détenu sans possibilité de libération sous caution.
Le mois dernier, la défense avait déjà demandé l’abandon des poursuites fédérales et le retrait de la peine de mort suite à des déclarations publiques de la Procureure générale Pam Bondi. Celle-ci avait qualifié le meurtre de Thompson d’« assassinat prémédité et de sang-froid qui a choqué l’Amérique », exhortant les procureurs de New York à requérir la peine capitale.
Si les affaires de meurtre sont généralement traitées par les tribunaux des États, les procureurs ont choisi d’inculper Mangione en vertu d’une loi fédérale relative aux meurtres commis avec une arme à feu dans le cadre d’autres « crimes violents ». Cette accusation, qui n’est pas prévue par la législation de l’État de New York, est la seule pour laquelle il encourt la peine de mort.
Les avocats de Mangione soutiennent aujourd’hui que cette accusation fédérale devrait être écartée, car les procureurs n’auraient pas démontré l’existence d’autres infractions qualifiées de crimes violents, condition nécessaire à sa mise en œuvre. Ils estiment notamment que le harcèlement criminel, évoqué comme infraction connexe, ne constitue pas un crime violent.
L’assassinat de Brian Thompson et ses circonstances ont largement marqué l’opinion publique américaine, alimentant un fort ressentiment envers les assureurs-maladie et suscitant des inquiétudes quant à la sécurité des dirigeants d’entreprise. Sur les lieux du crime, les enquêteurs avaient retrouvé des munitions portant les inscriptions « retarder », « nier » et « déposer », des termes qui rappellent les critiques adressées au secteur de l’assurance.