Publié le 9 février 2026 21h47. Un sursaut gamma d’une durée sans précédent, détecté le 2 juillet 2025, a déconcerté les astronomes du monde entier, remettant en question les modèles actuels de ces phénomènes cosmiques les plus énergétiques.
- Le sursaut gamma GRB 250702B a émis des radiations pendant au moins sept heures, surpassant tous les records précédents.
- L’analyse des données suggère un scénario exotique impliquant la fusion d’un trou noir stellaire avec une étoile riche en hélium.
- Cet événement souligne les limites des détecteurs actuels et la nécessité de nouvelles générations d’instruments pour étudier ces phénomènes extrêmes.
Le 2 juillet 2025, le ciel a été le théâtre d’un événement exceptionnel : un sursaut gamma (GRB) d’une durée inhabituelle. Contrairement aux éclats lumineux habituels qui ne durent que quelques secondes ou minutes, ce signal, baptisé GRB 250702B, a persisté pendant des heures, obligeant les scientifiques à une veille prolongée. Les sursauts gamma, considérés comme les explosions les plus puissantes de l’univers depuis le Big Bang, sont généralement associés à la mort d’étoiles massives ou à la fusion de corps célestes denses.
C’est l’astronome Eliza Nights, du Goddard Space Flight Center de la NASA, qui a en premier lieu réalisé l’ampleur de l’anomalie. Son système de surveillance a détecté une séquence inhabituelle : trois explosions semblant provenir du même point du ciel. Rapidement, il est apparu qu’il ne s’agissait pas d’événements distincts, mais d’une seule et même explosion soutenue. Une alerte a été déclenchée, mobilisant des télescopes spatiaux et terrestres du monde entier.
« La première vague de rayons gamma a duré au moins 7 heures, soit presque deux fois plus longtemps que le GRB le plus long observé précédemment, et nous avons détecté d’autres propriétés inhabituelles. »
Eliza Neights, Université George Washington et Goddard Space Flight Center de la NASA
Le signal initial a duré au moins sept heures, dépassant largement le record précédent. Cette seule donnée a suffi à remettre en question les mécanismes qui régissent ces phénomènes. Les observations ultérieures ont révélé que le signal a continué à se manifester par des pics intermittents pendant plusieurs jours.
Les données collectées par le Télescope spatial Fermi Gamma Ray de la NASA ont permis de suivre le signal pendant environ trois heures. D’autres missions spatiales, telles que Swift, Konus, Psyche et le moniteur à rayons X japonais à bord de la Station spatiale internationale, ont également contribué à reconstituer l’ensemble de l’événement. Seule la combinaison de ces différents observatoires a permis d’obtenir une vue d’ensemble.
L’emplacement de l’explosion a également fourni des indices précieux. Les premières analyses ont localisé le signal dans la constellation du Bouclier, près du plan poussiéreux de la Voie lactée. Cette proximité a initialement suggéré un événement d’origine galactique. Cependant, des images prises par les télescopes Keck, Gemini et le Very Large Telescope ont révélé la présence d’une galaxie lointaine. Des observations ultérieures du Télescope spatial James Webb ont confirmé que l’explosion s’était produite à une distance considérable, sa lumière ayant mis environ huit milliards d’années pour nous atteindre.
L’analyse de la courbe de lumière de GRB 250702B a révélé des pics rapides superposés à une lueur prolongée. Ces variations rapides suggéraient la présence d’un moteur compact. Un trou noir supermassif aurait été trop lent pour générer de telles fluctuations. Un trou noir de masse stellaire, en revanche, correspondait mieux aux données.
L’hypothèse privilégiée est celle d’un scénario exotique : la fusion d’un trou noir de masse stellaire avec son compagnon riche en hélium. Dans ce modèle, le trou noir serait piégé à l’intérieur de l’enveloppe de l’étoile et commencerait progressivement à la consommer, alimentant ainsi le jet de particules énergétiques pendant des heures.
Les données radiologiques, obtenues grâce aux télescopes Swift, Chandra et NuSTAR, ont confirmé cette interprétation. Des éruptions rapides ont été détectées jusqu’à deux jours après la découverte initiale, indiquant que la source d’alimentation restait active. L’accumulation continue de matière par le trou noir a provoqué une émission soutenue d’énergie.
« L’explosion a duré si longtemps qu’aucun moniteur à haute énergie dans l’espace n’était équipé pour l’observer dans son intégralité. »
Éric Burns, astrophysicien à la Louisiana State University
Cet événement a également mis en évidence les limites des détecteurs actuels, qui sont optimisés pour les signaux courts et intenses. Les sursauts de longue durée peuvent passer inaperçus ou être fragmentés en alertes isolées. La prochaine génération de télescopes à rayons gamma, tels que le Compton Spectrometer and Imager (dont le lancement est prévu en 2027), vise à combler cette lacune.
GRB 250702B a révélé que l’univers recèle encore des surprises capables de défier nos connaissances. Ce sursaut gamma, qui a refusé de s’éteindre pendant des heures, a contraint les astronomes à repenser les catégories établies et à explorer de nouveaux horizons dans l’étude des phénomènes cosmiques extrêmes.