Home Sports Les climatologues tirent la sonnette d’alarme sur les dangers de fortes chaleurs pendant le Tour de France, alors pourquoi les étapes ne se déroulent-elles pas plus tôt ?

Les climatologues tirent la sonnette d’alarme sur les dangers de fortes chaleurs pendant le Tour de France, alors pourquoi les étapes ne se déroulent-elles pas plus tôt ?

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Publié le 25 février 2026 à 10h00. Des études récentes mettent en lumière une menace croissante pour le Tour de France : les vagues de chaleur de plus en plus fréquentes pourraient compromettre la santé des coureurs et des spectateurs, voire rendre l’épreuve impossible à organiser dans les conditions actuelles.

Selon une étude menée par des climatologues de l’Institut national de recherche pour le développement durable (IRD) de l’Université de Montpellier, le Tour de France a jusqu’à présent été relativement épargné par les températures extrêmes, mais cette chance pourrait ne pas durer. Les chercheurs préviennent que l’augmentation des vagues de chaleur estivales représente un danger réel pour la santé des participants et du public.

« Dans notre analyse, nous observons que la ville de Paris, par exemple, a franchi le seuil de risque élevé de chaleur à cinq reprises en juillet, dont quatre depuis 2014 », a déclaré Ivana Cvijanovic, principale auteure de l’étude, dans un communiqué de presse. Les chercheurs ont analysé les données de température du bulbe humide (WBGT – une mesure combinant température de l’air, humidité, rayonnement solaire et vent) sur la période 1974-2023 dans six régions françaises.

Ils ont constaté que dans cinq de ces régions, la température WBGT la plus élevée enregistrée à 15 heures a été mesurée depuis 2018. Les jours de « stress thermique élevé », définis selon les seuils de l’Union Cycliste Internationale (UCI), sont devenus plus fréquents et plus intenses au cours des dernières décennies. Des villes comme Toulouse, Pau, Bordeaux, Perpignan et Nîmes, qui accueillent régulièrement des étapes du Tour, sont particulièrement concernées.

L’UCI a adopté un protocole pour les conditions météorologiques extrêmes en 2015, mais son application reste limitée. En 2022, ce protocole a été mis en œuvre lors de la 15e étape du Tour de France, où les températures atteignaient 40°C (104°F), mais les mesures prises se sont limitées à une ouverture plus précoce des ravitaillements et à un allongement des délais.

Des incidents récents témoignent de la vulnérabilité des coureurs face à la chaleur. En 2024, Mark Cavendish a souffert de ce qui pourrait être un coup de chaleur lors de la première étape du Tour en Toscane, et Antonio Tiberi a dû abandonner le Tour d’Espagne après avoir été victime d’un coup de chaleur lors de la 9e étape.

Les auteurs de l’étude suggèrent qu’il pourrait être nécessaire de revoir le format de la course, notamment en avançant les horaires de départ pour éviter les heures les plus chaudes de la journée. Ils recommandent également de surveiller la température corporelle des coureurs et de sensibiliser les participants et le public aux risques liés à la chaleur.

« Nous réitérons l’importance de développer et de réévaluer en permanence les protocoles d’urgence en cas de fortes chaleurs », ont conclu les chercheurs. « Pour les futures éditions du Tour de France, il est essentiel de prendre en compte ces risques croissants et d’adapter l’organisation de la course en conséquence. »

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