Home Économie Les collèges doivent poursuivre tous les chemins juridiques pour la diversité (opinion)

Les collèges doivent poursuivre tous les chemins juridiques pour la diversité (opinion)

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Publié le 2025-10-06 09:25:00. Deux ans après une décision de la Cour suprême limitant l’accès à l’enseignement supérieur pour les groupes sous-représentés, des procureurs généraux d’État américains appellent à préserver les outils permettant d’évaluer équitablement tous les candidats, malgré les pressions politiques.

  • La Cour suprême a affaibli l’égalité des chances en matière d’éducation, affectant l’accès des groupes sous-représentés.
  • Des outils d’évaluation contextuelle, tels que le programme « Landscape » du College Board, sont annulés, malgré leur rôle dans l’identification des talents issus de milieux défavorisés.
  • Ignorer les facteurs socio-économiques et géographiques dans l’évaluation des candidats est un choix politique, non une exigence légale, affirment les auteurs.

Il y a deux ans, la Cour suprême a rendu une décision qui a porté un coup dur à l’égalité des chances en Amérique, en limitant l’accès à l’enseignement supérieur pour les groupes sous-représentés. Cette décision, jugée juridiquement erronée par certains, a mis en lumière les inégalités profondes qui façonnent depuis longtemps notre système éducatif. Face à ce constat, les universités et collèges se sont rapidement tournés vers des outils permettant d’assurer que leur corps étudiant reflète la diversité des talents et des potentiels présents dans le pays.

Parmi ces outils figurait « Landscape », un programme récemment annulé par le College Board. Ce dernier fournissait aux responsables des admissions des données sur le lycée et le quartier d’origine d’un élève, tout en excluant explicitement la race ou l’origine ethnique. Les résultats des tests standardisés et les notes moyennes (GPA) ne suffisent jamais à dresser un portrait complet d’un candidat. Des indicateurs tels que le revenu médian du foyer, l’accès à des cours avancés, les taux de criminalité locaux et d’autres facteurs clés aident les chargés d’admission à avoir une vision globale et à identifier les étudiants prometteurs issus de communautés défavorisées, des profils qui pourraient autrement passer inaperçus. Ces outils visent à rétablir une certaine équité en valorisant le mérite et les obstacles surmontés par les étudiants, et non en abaissant les standards.

Même en restreignant les initiatives de diversité, la Cour suprême avait explicitement indiqué que les universités pouvaient explorer des alternatives « neutres » quant à la race pour atteindre l’équité. L’utilisation de facteurs socio-économiques et géographiques constitue précisément une telle alternative. Malgré les récents conseils de non-contrainte de la procureure générale des États-Unis, Pamela Bondi, qui mettait en garde contre l’utilisation d’indicateurs géographiques comme « mandataires » de la race, il est crucial de comprendre que l’abandon de ces éléments dans l’évaluation d’un candidat n’est pas une obligation légale, mais un choix politique. Il reflète une attitude de peur plutôt que de courage.

Sans outils prenant en compte les obstacles rencontrés par les étudiants, les établissements d’enseignement supérieur risquent de revenir à des pratiques qui favorisent massivement les étudiants issus de milieux privilégiés, excluant ainsi les étudiants à faible revenu et ceux qui sont les premiers de leur famille à accéder à l’université, alors qu’ils ont déjà surmonté de nombreux défis. Cela représente une perte d’opportunités pour des millions de personnes, et nos campus ainsi que notre nation en pâtiront. La diversité n’est pas une simple case à cocher ; c’est un moteur essentiel de l’éducation et de la démocratie. Les salles de classe rassemblant des étudiants d’horizons divers préparent tous les diplômés à diriger une société plurielle, à stimuler l’innovation et à renforcer nos communautés.

Nous ne pouvons pas permettre que la décision de la Cour suprême, et l’effet dissuasif qu’elle a eu, annule des décennies de progrès. De même, nous ne pouvons pas laisser les établissements d’enseignement supérieur se dérober à leurs responsabilités en cette période critique. Les données fournissant un contexte plus large sur les candidats demeurent accessibles, mais sans la volonté de les utiliser, trop de portes resteront fermées pour les étudiants qui en ont le plus besoin.

L’Amérique a toujours promis de récompenser le travail acharné et la persévérance, quelle que soit l’origine des individus. Cette promesse sonne creux si nous permettons aux plus riches et aux mieux connectés de monopoliser les opportunités éducatives. Les collèges et universités doivent honorer cet engagement en continuant à rechercher et à soutenir les étudiants qui réussissent malgré les obstacles. L’équité l’exige, l’égalité des chances l’exige, et l’avenir de notre pays en dépend.

Les auteurs sont tous procureurs généraux d’État : Letitia James (New York), William Tong (Connecticut), Kathy Jennings (Delaware), Kwame Raoul (Illinois), Keith Ellison (Minnesota), Matthew Platkin (New Jersey), Charity Clark (Vermont) et le procureur général de l’État de Washington.

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