Publié le 2025-10-13 13:02:00. Washington interdit aux compagnies aériennes chinoises d’utiliser l’espace aérien russe pour rejoindre les États-Unis, une mesure qui suscite des inquiétudes pour les transporteurs européens déjà désavantagés par cette même interdiction.
- Sept compagnies aériennes chinoises sont désormais interdites de survol de la Russie pour leurs vols vers les États-Unis.
- Cette décision vise à rétablir une concurrence plus équitable avec les compagnies américaines.
- Les compagnies européennes restent pénalisées, n’ayant pas accès à l’espace aérien russe depuis février 2022.
Le Département des Transports américain (DoT) a officialisé la semaine dernière l’interdiction pour sept compagnies aériennes chinoises d’utiliser l’espace aérien russe afin de desservir les États-Unis. Sont concernées Air China, Beijing Capital Airlines, China Eastern Airlines, China Southern Airlines, Hainan Airlines, Sichuan Airlines et Xiamen Airlines. Les compagnies aériennes visées disposent d’un délai de trente jours pour réorganiser leurs itinéraires. Cette mesure ne concerne que les vols de passagers ; le fret aérien reste pour l’instant épargné. Notons que Cathay Pacific, bien que basée à Hong Kong et desservant cinq destinations américaines, n’apparaît pas sur la liste.
Cette décision de Washington intervient suite à des années de pressions de la part des compagnies aériennes américaines. Ces dernières estiment que la possibilité pour leurs homologues chinoises de survoler la Russie leur confère un avantage concurrentiel jugé déloyal. Depuis que les transporteurs américains se sont vu refuser l’accès à l’espace aérien russe, ils sont contraints d’effectuer de longs détours pour atteindre l’Asie de l’Est. Ces routes alternatives impliquent une consommation de carburant accrue et, par conséquent, des tarifs aériens plus élevés.
Avec cette nouvelle disposition américaine, ce sont principalement les compagnies aériennes européennes qui se retrouvent en position de faiblesse. Bien que les transporteurs chinois ne puissent plus utiliser la Russie pour rejoindre les États-Unis, ils conservent la possibilité de survoler le territoire russe pour leurs vols vers l’Europe. Or, les compagnies européennes sont elles-mêmes bannies de l’espace aérien russe depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en février 2022. Cette situation crée une disparité, les compagnies chinoises perdant un avantage face à leurs concurrentes américaines, mais conservant un avantage face aux européennes qui restent tributaires de longs détours.
En pratique, la mesure américaine vise à harmoniser les règles du jeu entre les compagnies américaines et chinoises. Cependant, les compagnies européennes continuent de souffrir de la concurrence déséquilibrée imposée par l’accès des transporteurs chinois à l’espace aérien russe. L’attention se tourne donc désormais vers Bruxelles pour d’éventuelles mesures de réciprocité.
Il est à noter que la Russie tire profit financièrement de ces survol. Selon une étude, les survol de compagnies aériennes chinoises génèrent des revenus conséquents pour le contrôle aérien russe, qui facture jusqu’à 8 000 euros par vol. Les seuls vols à destination et en provenance de Schiphol représenteraient ainsi un apport annuel d’environ 18 millions d’euros pour les caisses de l’État russe, d’après une analyse de Bnr.