Publié le 2025-10-27 15:42:00. Les marques de food tech peinent à conquérir les consommateurs, faute d’une communication claire sur leurs innovations. Une étude révèle que le manque d’information freine l’adoption de nouvelles protéines et de produits laitiers issus de technologies de pointe.
- Plus de 75 % des consommateurs exigent un étiquetage plus transparent pour les aliments issus de nouvelles technologies.
- L’ignorance concernant des ingrédients comme la mycoprotéine et la viande cultivée freine leur essai par les consommateurs.
- Une communication simplifiée et accessible est jugée essentielle pour améliorer l’acceptation de la food tech.
Alors que certaines avancées de la food tech évoquent un futur déjà présent – lait sans vaches, viande sans abattage – ces innovations peinent encore à s’imposer sur le marché. Des produits prometteurs, tels que la viande cultivée en laboratoire ou les produits laitiers issus de la fermentation de précision, sont parfois lancés avant d’être discrètement retirés, faute d’un accueil suffisant du public. Une nouvelle étude met en lumière cette défiance, indiquant un profond désir des consommateurs pour plus de clarté et d’information.
Comment les acteurs de la food tech peuvent-ils alors bâtir la confiance et susciter l’adhésion des consommateurs ? La réponse réside en grande partie dans l’éducation et la transparence.
Les consommateurs face à l’inconnu culinaire
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : à l’échelle mondiale, plus de trois quarts des consommateurs souhaitent des étiquettes plus claires pour les aliments qui intègrent de nouvelles technologies. Un pourcentage similaire réclame également des explications plus précises sur le fonctionnement de ces procédés innovants. Ces données proviennent d’une recherche commandée par Lumina Intelligence pour FoodNavigator.
Cette aspiration à l’information varie cependant selon les régions. Si l’Inde, la Malaisie et Singapour montrent un fort désir d’étiquetage plus précis, cette demande diminue notablement au Japon et en Allemagne.
En se penchant sur des technologies spécifiques, le tableau devient encore plus clair. La mycoprotéine, une protéine unicellulaire dérivée de champignons et utilisée par des marques comme Quorn, reste inconnue des deux tiers de la population mondiale. Près de 40 % des consommateurs interrogés ont d’ailleurs déclaré qu’ils n’essaieraient pas ce produit par manque d’informations. Or, une sensibilisation accrue à cette protéine pourrait renverser la tendance et encourager leur consommation.

Viande cultivée et fermentation de précision : la notoriété en berne
Parmi les innovations les plus médiatisées, la viande cultivée à partir de cellules (également appelée viande in vitro, de laboratoire ou cultivée) a suscité un intérêt certain. Bien que représentant de la véritable viande obtenue à partir de cellules animales cultivées en bioréacteur, elle souffre encore d’un manque de connaissance. Au niveau mondial, trois cinquièmes des consommateurs ont déjà entendu parler de ce produit. Cependant, cette notoriété est paradoxalement plus faible dans certains pays où son autorisation réglementaire est déjà effective, comme Singapour, l’Australie ou les États-Unis.
Le défi majeur pour les promoteurs de cette technologie réside dans le fait que plus de la moitié des personnes n’ayant pas entendu parler de la viande cultivée, ou ne l’ayant pas encore essayée, déclarent qu’elles refuseraient d’en manger. Cette réticence est particulièrement marquée en Europe.

La fermentation de précision, une autre technologie alimentaire prometteuse qui utilise des micro-organismes comme de petites « usines cellulaires » pour produire des molécules complexes, rencontre des défis similaires. Si la sensibilisation est relativement élevée dans des pays comme la Chine, l’Inde, la Malaisie et la Corée du Sud, elle reste nettement en retrait dans les nations occidentales, où un effort de communication accru est nécessaire.
La principale raison invoquée par les consommateurs pour ne pas essayer les produits laitiers issus de la fermentation de précision est, là encore, le manque d’information. Il apparaît donc crucial de développer une communication plus efficace et généralisée pour éduquer le public et favoriser l’adoption de ces technologies.
Un nouveau rapport de FoodNavigator et Lumina Intelligence souligne l’importance de l’information comme un élément clé pour l’alimentation de demain.
Comment les marques peuvent-elles améliorer leur communication sur la food tech ?
L’un des obstacles majeurs à l’acceptation des innovations en food tech est indéniablement le manque de clarté. L’éducation des consommateurs, associée à une préférence marquée pour les produits perçus comme « naturels » et une aversion pour ce qui semble « contre nature », constitue le principal frein. L’espoir réside dans la capacité à expliquer ces processus technologiques dans un langage accessible, en les reliant aux traditions culinaires familières, afin de dissiper le scepticisme et de renforcer la confiance.

Helen Breewood, responsable des études de marché et des connaissances consommateurs au Good Food Institute (GFI) Europe, spécialisée dans les protéines alternatives, insiste sur l’importance d’utiliser un langage cohérent pour familiariser le public avec ces produits et montrer comment ils s’intègrent dans leur quotidien.
Concernant la viande cultivée, elle suggère que les entreprises devraient employer des métaphores simples pour expliquer leurs méthodes de production. La collaboration avec des chefs pour mettre en valeur les produits et souligner leurs qualités gustatives pourrait également être bénéfique.
Quant à la fermentation de précision, l’experte recommande de fournir des informations générales et accessibles sur le processus. « Cela clarifie la compréhension et peut accroître l’attrait de ces produits pour un large éventail de consommateurs », affirme-t-elle.
Food tech : décrypter les attentes des consommateurs
Ce nouveau rapport de FoodNavigator et Lumina Intelligence, basé sur une enquête menée auprès de 9 500 consommateurs dans 13 pays (Royaume-Uni, États-Unis, Chine, Japon, Corée du Sud, France, Allemagne, Italie, Espagne, Australie, Inde, Malaisie et Singapour), offre des éclaircissements précieux sur les freins à l’adoption et les opportunités pour stimuler l’acceptation des nouvelles technologies alimentaires. Il détaille non seulement les obstacles liés aux ingrédients, aux technologies et aux aliments ultra-transformés, mais aussi les voies réelles pour encourager le changement et soutenir les ventes.