L’optimisme ambiant sur les marchés financiers pourrait être de courte durée. Alors que 2025 a surpris par sa résilience, plusieurs signaux indiquent que 2026 pourrait marquer un ralentissement, voire une correction, en raison de cycles historiques et de valorisations élevées.
L’analyse des cycles électoraux, par exemple, révèle une tendance à la prudence la deuxième année d’un nouveau mandat présidentiel. Depuis 1948, cette année-là a systématiquement affiché des performances plus faibles que les troisième et quatrième années, avec des gains modestes et un taux de réussite plus faible. Bien que 2025 ait déjoué les prévisions pessimistes, cette dynamique historique suggère que 2026 pourrait être plus difficile.
Sur le long terme, depuis 1871, les marchés ont été en hausse 30 fois sur 48 années électorales, soit un taux de réussite d’environ 62 %. Si ce chiffre est supérieur à un simple hasard, il reste nettement inférieur aux performances observées lors des troisième et quatrième années du cycle présidentiel. L’incertitude liée aux élections de mi-mandat, qui pourraient entraîner un blocage politique à Washington, constitue un autre facteur de risque.
Parallèlement, les cycles décennaux suggèrent que la sixième année de chaque décennie tend à sous-performer. Seules les septième et dixième années affichent des rendements plus faibles. Après une cinquième année (2025) conforme aux moyennes historiques, les années 2026 et 2027 appellent à la prudence, avec des rendements moyens de 4 % et -1,2 % respectivement.
Les valorisations actuelles, combinées à un sentiment d’euphorie, accroissent le risque de déception. Le ratio Shiller CAPE se situe bien au-dessus de sa moyenne historique, et les prix du marché dépassent largement les bénéfices. Cette divergence, semblable à celle observée en 1999, pourrait annoncer une correction brutale.
En outre, la croissance des bénéfices en 2025 s’est appuyée sur des mesures de court terme, telles que les réductions de coûts et l’ingénierie financière, plutôt que sur une augmentation significative des revenus. Le ralentissement de la croissance des salaires et la persistance de l’inflation, malgré un certain tassement, fragilisent la demande des consommateurs et pèsent sur les perspectives de croissance.
Les prévisions divergent : Bank of America anticipe une demande plus faible et une baisse des bénéfices, tandis que BNP Paribas reste plus optimiste, mais reconnaît que cela dépend d’une forte dynamique économique et d’une baisse des taux d’intérêt. Dans tous les cas, les investisseurs doivent rester conscients des risques.
« Lorsque tous les experts et les prévisions sont d’accord, quelque chose d’autre se produira », avertit l’analyse. Il ne s’agit pas nécessairement de prédire un effondrement boursier, mais de reconnaître que l’optimisme actuel pourrait être excessif.
Pour se positionner face à ces incertitudes, les investisseurs ne doivent pas pour autant abandonner le marché. Il est plutôt conseillé d’adopter une approche disciplinée : resserrer les niveaux de stop-loss, couvrir les portefeuilles contre des baisses significatives, prendre des bénéfices sur les actifs performants, et se défaire des valeurs sous-performantes. Il est également judicieux de lever des fonds et de rééquilibrer les portefeuilles pour cibler des pondérations plus prudentes.
En 2026, il sera essentiel de comprendre le rythme de la psychologie des investisseurs, les flux de capitaux et les tendances fondamentales. La prudence, la liquidité et la couverture s’imposent. Comme le souligne un adage, « Vous n’avez pas besoin d’être un génie, mais ne soyez pas un imbécile. »