Washington – La lutte pour le financement de la sécurité intérieure aux États-Unis s’intensifie, avec des divisions au sein même du parti démocrate. Le sénateur Chris Coons, représentant du Delaware, a annoncé son opposition à l’allocation de fonds supplémentaires à l’agence, tout en cherchant à éviter un arrêt partiel du gouvernement.
La Chambre des représentants a déjà voté en faveur du financement du Département de la sécurité intérieure (DHS) la semaine dernière, par 220 voix contre 207. La députée du Delaware, Sarah McBride, a voté contre ce projet de loi, dénonçant des violations des droits constitutionnels par les agents d’immigration. « Les agents du DHS sont hors de contrôle », a-t-elle déclaré. « Ce n’est pas de l’application de la loi, c’est de l’anarchie. L’ICE et le CBP mettent en péril la sécurité publique et recourent à des tactiques d’intimidation paramilitaires mortelles. »
D’autres élus démocrates partagent ces préoccupations. La représentante Lisa Blunt Rochester s’est inquiétée des arrestations basées sur l’origine ethnique ou l’accent des personnes. « C’est inacceptable et, malheureusement, cela se produit dans tout le pays », a-t-elle affirmé. « Qu’il s’agisse de fusillades ou d’arrestations d’enfants, c’est inadmissible en Amérique. »
L’inquiétude porte également sur la collecte de données par les autorités fédérales. Blunt Rochester a cité l’exemple du département de police de Laurel, dans le Delaware, qui recueille des informations sur les immigrants haïtiens et les transmet au FBI. Le chef de la police de Laurel a justifié cette pratique en expliquant que son service « partage régulièrement des informations avec les agences étatiques et fédérales lorsque nous pensons qu’elles peuvent être pertinentes pour leurs responsabilités ».
Face à cette situation, les sénateurs Chris Coons et Catherine Cortez Masto (Nevada) ont proposé un amendement visant à réaffecter la quasi-totalité des 75 milliards de dollars (environ 68 millions d’euros) alloués à l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) à des programmes de police locaux. L’objectif serait d’aider à recruter et à former 200 000 policiers supplémentaires dans les communautés à travers les États-Unis.
Ces propositions interviennent alors que le Congrès examine cinq autres projets de loi de crédits cette semaine, dans le cadre d’un processus budgétaire complexe et potentiellement conflictuel.