Les démocrates américains s’opposent fermement à toute tentative de restreindre les politiques des villes sanctuaires, alors que le Congrès est confronté à une série de controverses liées à des incidents impliquant les services de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) et la police aux frontières. Cette opposition intervient alors que les républicains intensifient leurs efforts pour durcir la lutte contre l’immigration illégale.
À retenir
- Les démocrates du Sénat se montrent intransigeants sur la question des villes sanctuaires, considérant toute tentative de les sanctionner comme vouée à l’échec.
- Les républicains proposent une nouvelle législation visant à pénaliser financièrement les villes sanctuaires et à renforcer les pouvoirs de l’ICE.
- Le débat sur les villes sanctuaires est devenu un point de friction majeur au Congrès, les deux camps cherchant à imposer leur vision de la politique migratoire.
Contexte
Plusieurs sénateurs démocrates ont exprimé à Axios leur désaccord avec l’idée de donner au gouvernement fédéral le pouvoir de cibler les collectivités locales qui limitent leur coopération avec les efforts de contrôle de l’immigration. Selon eux, cette approche serait contre-productive et porterait atteinte aux libertés locales. Le sénateur Adam Schiff (Californie) a déclaré : « C’est un échec. Le terme dans son ensemble est vraiment trompeur », ajoutant que de telles mesures donneraient à l’ICE une autorité accrue sur l’application de la loi locale.
Les démocrates accusent également les républicains de tenter de détourner l’attention du débat sur l’utilisation de la force par l’ICE, en recentrant la discussion sur la question des villes sanctuaires, un sujet cher au président Trump. Le sénateur Chris Van Hollen (Maryland) a souligné : « Je sais qu’ils essaient de changer la conversation, mais le problème est la conduite de l’ICE. »
La sénatrice Jacky Rosen (Nevada) a précisé qu’il n’existait pas de politique nationale de « ville sanctuaire », mais simplement des niveaux de coopération variables entre les autorités locales et fédérales.
À l’inverse, la sénatrice Lindsey Graham (Caroline du Sud) a dénoncé les villes sanctuaires, les qualifiant de « aimants à l’immigration clandestine » qui doivent disparaître.
Ce qui change
Les républicains du Sénat ont présenté un projet de loi visant à sanctionner les villes sanctuaires en supprimant les fonds fédéraux qui leur sont alloués. La mesure, portée par le sénateur Eric Schmitt, prévoit également de renforcer la protection des agents fédéraux de l’immigration et d’élargir la responsabilité civile des juridictions qui libèrent des immigrants illégaux considérés comme dangereux et qui commettent ensuite des crimes.
Selon les données du ministère de la Justice, au 31 octobre 2025, 13 États, 18 villes et trois comtés étaient considérés comme des zones sanctuaires, en raison de leurs politiques limitant la coopération avec l’ICE.
La ville de New York, par exemple, a adopté une politique de ville sanctuaire en 1989, sous l’administration du maire Ed Koch, et tous les maires suivants, y compris Rudy Giuliani, ont maintenu cette politique.
Prochaines étapes
Des négociations sont en cours au Congrès sur un ensemble plus restreint de réformes de l’ICE. Le chef de la majorité sénatoriale, John Thune (Dakota du Sud), a déclaré que certaines lignes rouges étaient infranchissables pour les deux parties, mais que des compromis étaient possibles sur d’autres points. L’objectif est d’éviter la fermeture du ministère de la Sécurité intérieure, prévue le vendredi soir.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Nombre d’États classés comme zones sanctuaires | 13 |
| Nombre de villes classées comme zones sanctuaires | 18 |
| Nombre de comtés classés comme zones sanctuaires | 3 |
Sources
Axios, 2026
Fox News, 2026
Ministère de la Justice des États-Unis, 31 octobre 2025