Home International Les démocrates ont voté en faveur d’une fermeture du gouvernement. Maintenant, ils doivent trouver une sortie

Les démocrates ont voté en faveur d’une fermeture du gouvernement. Maintenant, ils doivent trouver une sortie

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Washington – Le Sénat américain est plongé dans une paralysie budgétaire, les sénateurs démocrates ayant fait le pari risqué de refuser toute aide républicaine qui ne préserve pas les avantages en matière de santé. Cette position, qualifiée de « fermeture démocrate » par leurs opposants, a conduit à l’arrêt des services gouvernementaux non essentiels. Désormais, les deux camps se retrouvent dans une impasse, cherchant une issue à cette crise.

Le chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a déclaré que la crise pourrait prendre fin rapidement si les républicains se montraient plus coopératifs. Cependant, le camp républicain, mené par des figures telles que John Thune, Speaker de la Chambre des représentants Mike Johnson, et l’ancien président Donald Trump, semble inflexible. Ils ont clairement indiqué qu’ils ne négocieraient pas et ne se laisseraient pas « prendre en otage » par les exigences démocrates pour la réouverture du gouvernement. La mesure de financement temporaire de 45 jours, rejetée par les démocrates, était pourtant présentée comme une proposition simple et peu sujette à controverse.

Si la fermeté républicaine actuelle devait s’essouffler, la recherche d’un compromis s’annonce compliquée. Pour l’heure, la confiance manque cruellement entre les deux partis, rendant difficile toute avancée sur les politiques de santé ou un simple changement de position démocrate. Parallèlement, une fermeture prolongée pourrait se retourner contre les démocrates. L’administration Trump a déjà pointé du doigt des projets suspendus, comme ceux des métros et tunnels à New York, État d’origine de Chuck Schumer, qualifiant cette situation de « retardement des progrès sur des questions qui intéressent les Démocrates ».

Un vote serré et des divisions internes

Quelques voix démocrates s’étaient élevées contre cette stratégie. Mardi soir, trois sénateurs démocrates, John Fetterman (Pennsylvanie), Catherine Cortez Masto (Nevada), ainsi que le sénateur indépendant Angus King (Maine), se sont joints aux républicains pour tenter de maintenir le gouvernement opérationnel. Néanmoins, avec une majorité républicaine de 53 sièges contre 47 pour les démocrates, il aurait fallu huit démocrates supplémentaires pour atteindre les 60 voix nécessaires à l’approbation. Seul le sénateur républicain Rand Paul a voté avec les démocrates contre la mesure.

John Thune a fait repasser le projet de loi au vote à plusieurs reprises, sans succès. Il a exprimé l’espoir que la pression finirait par faire basculer cinq démocrates, les poussant à soutenir le texte. Les républicains observent particulièrement plusieurs sénateurs démocrates modérés, tels que Jeanne Shaheen (New Hampshire) et Gary Peters (Michigan). Ces derniers, qui avaient voté pour le maintien des opérations gouvernementales en mars dernier, ont cette fois-ci voté contre, malgré des négociations intenses. « Je n’ai pas vu de moyen de travailler avec mes collègues républicains pour trouver un terrain d’entente », a déclaré Jeanne Shaheen après le vote.

Dilemme démocrate : résister ou céder ?

Face à ces divisions, certains démocrates appellent à la résistance. Le sénateur Chris Murphy a ainsi plaidé sur les réseaux sociaux pour une position ferme, estimant que « le peuple américain ne veut pas que vous financiez la destruction de leurs soins de santé et de notre démocratie ». Cette situation pose un dilemme pour Chuck Schumer, critiqué par sa base militante en mars dernier pour avoir voté avec les républicains afin d’éviter une fermeture. Pour beaucoup, la fermeture du gouvernement est désormais l’unique levier de pression pour contrer les politiques de l’administration Trump, notamment en matière de santé.

« Faire face à Trump dans cette situation envoie également un message sur ces autres questions », a affirmé le sénateur Richard Blumenthal.

La question sensible des subventions à la santé

Le cœur du conflit réside dans les subventions à la santé. Les démocrates exigent leur prolongation immédiate pour les personnes achetant une couverture via les plateformes de la loi sur les soins abordables (Affordable Care Act). Ces subventions, introduites en 2021 durant la pandémie de Covid-19, doivent expirer fin 2024, ce qui entraînerait une hausse des primes pour des millions d’Américains.

Si certains républicains se disent ouverts à une prolongation, ils insistent sur la nécessité de réformes. D’autres, particulièrement à la Chambre des représentants, considèrent toute extension comme un renforcement inacceptable de la loi phare de Barack Obama, qu’ils cherchent à démanteler depuis 15 ans. Mike Johnson n’a pas exclu des discussions, mais a martelé qu’« il doit y avoir une réforme » de ce qu’il juge être un « système défectueux ».

John Thune a réaffirmé la disponibilité des républicains à négocier une fois les opérations gouvernementales rétablies. Des discussions informelles ont néanmoins eu lieu au Sénat mercredi, explorant l’idée d’une prolongation d’un an des subventions, suivie d’une suppression progressive. Bien que cette proposition, avancée par le sénateur Mike Rounds, puisse heurter certains républicains, les démocrates y voient un signe d’avancée. « Au moins, nous sommes sur la même longueur d’onde, parlant du même problème », a commenté le sénateur Peter Welch, ajoutant : « Je considère cela comme un progrès, mais nous sommes loin du compte. »

Les leçons du passé

Les précédentes fermetures de gouvernement n’ont pas toujours permis d’obtenir des concessions majeures. En 2018, une fermeture de trois jours avait vu les démocrates réclamer des protections pour les jeunes immigrants sans papiers (« Dreamers »). Ils avaient finalement voté la réouverture après la promesse de Mitch McConnell de mettre la question aux voix, sans garantie de succès.

Plus tard la même année, Donald Trump avait provoqué une fermeture de 35 jours pour financer son mur frontalier, finissant par céder face aux perturbations croissantes et aux salaires non versés de centaines de milliers de fonctionnaires.

En 2013, Ted Cruz et des représentants républicains avaient déclenché une fermeture de 16 jours dans le but de démanteler la loi sur la santé. Les négociations bipartites au Sénat s’étaient soldées par un échec, les républicains n’obtenant aucune concession significative sur le dossier de la santé.

« Je ne pense pas que les fermetures profitent à qui que ce soit, et encore moins au peuple américain », a conclu John Thune.

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