Publié le 02 octobre 2025 08:20:00. Face à la recrudescence des incursions de drones russes et à la crainte d’une propagation du conflit ukrainien, les dirigeants de l’Union européenne ont affiché leur soutien à un nouveau réseau de défense aérienne. Des discussions intenses se poursuivent également sur le financement de l’Ukraine, notamment via les avoirs russes gelés, mais des divergences persistent, notamment de la part de la Hongrie.
- Un « mur de drones » européen pour détecter et neutraliser les engins volants non identifiés a été évoqué.
- Le gel des avoirs russes pour financer l’effort de guerre ukrainien reste un sujet de discorde majeur.
- La Hongrie maintient sa position sceptique quant à l’adhésion de l’Ukraine à l’UE et aux sanctions contre la Russie.
Lors d’un sommet à Copenhague, capitale du Danemark, les dirigeants européens ont exprimé leur appui à l’idée d’un système de défense aérienne commun, surnommé « mur de drones ». Ce dispositif vise à détecter, suivre, et potentiellement abattre les drones sur l’ensemble du territoire de l’Union européenne. Ce projet ambitieux, encore soumis à d’intenses négociations, devrait être abordé lors d’un sommet officiel prévu dans trois semaines.
Cette initiative intervient dans un contexte de tensions croissantes, marqué par des incidents récents. Au Danemark, des troupes françaises ont notamment interpellé deux membres d’équipage d’un pétrolier suspecté d’être une plateforme de lancement pour des drones ayant perturbé le trafic aérien, y compris à Copenhague la semaine passée. Ces faits, couplés à des incursions aériennes russes plus larges en Estonie et en Pologne, ravivent les craintes d’une extension du conflit ukrainien au-delà des frontières de l’Ukraine. La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a fermement dénoncé cette « guerre hybride » menée par la Russie, incluant sabotage, désinformation et violations de l’espace aérien.
Parallèlement, un autre dossier crucial occupe les esprits européens : l’utilisation des avoirs russes gelés pour octroyer un prêt de 140 milliards d’euros à l’Ukraine. Les partisans de cette mesure estiment qu’elle est indispensable pour soutenir le budget ukrainien et que la Russie devrait, in fine, assumer les coûts de sa propre destruction. « Il est juste que la Russie paie pour sa violation et sa destruction », a affirmé Mme Frederiksen. « Notre soutien à l’Ukraine est un investissement direct dans notre propre sécurité, et nous devons donc fournir un financement à long terme aux forces armées de l’Ukraine. »
Cependant, cette proposition se heurte à des résistances, notamment de la part de la Belgique, où se trouve la majorité des actifs russes gelés. L’Union européenne cherche une solution pour répartir ce risque. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a souligné que la charge ne devait pas reposer uniquement sur la Belgique, et que les discussions allaient s’intensifier. Malgré ces efforts, aucun consensus clair ne se dégage encore, et aucun progrès significatif n’est réalisé concernant la modification des règles de l’UE pour contourner le veto hongrois sur le processus d’adhésion de l’Ukraine.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé le bloc européen à « tenir ses promesses ». Si les responsables de Bruxelles et de Kiev considèrent que l’Ukraine a rempli ses obligations juridiques pour faire avancer les négociations, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán campe sur ses positions. Il s’est montré réticent face à la perspective d’une adhésion prochaine de l’Ukraine à l’UE, arguant que cela impliquerait l’arrivée de la guerre en Europe et un flux financier conséquent de l’UE vers l’Ukraine. « Cela signifierait, premièrement, que la guerre viendrait dans l’Union européenne. Deuxièmement, l’argent de l’Union européenne irait en Ukraine », a-t-il déclaré.
Un autre point de friction majeur concerne l’embargo sur les hydrocarbures russes. Tandis que les États-Unis poussent les alliés de l’OTAN à cesser leurs achats de combustibles fossiles russes, la Hongrie, ainsi que la Slovaquie, continuent d’importer du pétrole russe via pipeline. Viktor Orbán, fervent soutien de l’administration américaine, maintient que la Hongrie, pays enclavé, ne peut se passer de ces approvisionnements. En réponse, Volodymyr Zelensky a déclaré : « Ceux qui choisissent des liens avec la Russie au lieu de l’Amérique, vont à l’encontre de l’Europe et des États-Unis. Nous espérons vraiment que les gens en Hongrie écouteront ces signaux partagés de nous tous. »
L’Ukraine reste au centre des préoccupations. Le président Zelensky doit s’adresser aujourd’hui à la septième réunion de la Communauté Politique Européenne, un rassemblement pancontinental de dirigeants européens, et tiendra une conférence de presse conjointe avec la Première ministre danoise Mette Frederiksen. Parallèlement, le Premier ministre irlandais Micheál Martin mènera des entretiens bilatéraux avec ses homologues norvégien et moldave.