Publié le 2025-10-08 09:00:00. Les joueuses de la Super League féminine (WSL) vont bénéficier d’un salaire annuel minimum garanti, une mesure financière majeure destinée à professionnaliser davantage le championnat et à le positionner comme une ligue de premier plan sur la scène internationale.
- Les joueuses expérimentées de la WSL toucheront au moins 40 000 £ annuellement.
- Un salaire minimum revalorisé vise à assurer un statut professionnel à toutes les joueuses des deux premières divisions.
- La WSL renforce sa compétitivité face à la National Women’s Soccer League (NWSL) américaine.
Une nouvelle ère s’ouvre pour le football féminin anglais avec l’introduction de règles financières ambitieuses pour la saison actuelle de la Super League féminine. Désormais, les joueuses seniors, âgées de 23 ans et plus, se verront garantir un salaire annuel minimum de 40 000 £. Ce plancher salarial varie selon l’âge et la division (WSL1 ou WSL2), mais assure une revalorisation significative pour l’ensemble des compétitrices de l’élite.
Cette mesure va au-delà de la simple amélioration des conditions de vie des joueuses. La WSL2, bien que constituant la seconde division, verra son salaire minimum inférieur surpasser le salaire vital national. Cela marque une étape historique vers la professionnalisation complète des deux premières ligues, mettant fin à la précarité qui obligeait de nombreuses joueuses, notamment en championnat la saison passée, à cumuler plusieurs emplois pour subvenir à leurs besoins.
Avec ce nouveau salaire minimum, la WSL se positionne favorablement face à sa concurrente américaine. Le seuil de 40 000 £ (environ 47 000 $) dépasse le minimum actuel de la NWSL, qui s’établit à 48 500 $ (36 100 £) pour l’année en cours, bien que la ligue américaine ait annoncé une augmentation progressive pour atteindre 82 500 $ (environ 97 000 £) d’ici 2030.
La rivalité entre les clubs anglais et américains s’intensifie également sur le marché des transferts. Cet été, plusieurs signatures en Angleterre ont franchi le cap du million d’euros. Chelsea a notamment défrayé la chronique en s’attachant les services de la défenseure américaine Naomi Girma pour 900 000 £, puis de sa coéquipière Alyssa Thompson pour environ 1,1 million de livres sterling. Arsenal a recruté la Canadienne Olivia Smith pour 1 million de livres sterling, et les Lionesses de London City ont battu le record en déboursant 1,4 million de livres sterling pour Grace Geyoro, transfuge du Paris Saint-Germain.
Contrairement à la NWSL, la WSL n’a pas opté pour un plafond salarial global. Cependant, l’instauration de normes minimales s’accompagne d’un contrôle financier renforcé. Les nouveaux règlements, en vigueur dès cette saison, limitent les dépenses des clubs à 80 % de leurs revenus d’équipe féminine, auxquels s’ajoute une contribution plafonnée des propriétaires. Auparavant, ce plafond était fixé à 40 % des revenus globaux du club parent.
Ces règles visent à harmoniser les capacités financières des différents clubs, qu’il s’agisse des structures établies ou de formations comme London City. L’objectif est de stimuler les investissements tout en assurant une certaine équité. Le plafond de financement supplémentaire octroyé aux propriétaires a été fixé à 4 millions de livres sterling. Cela permet aux propriétaires ne bénéficiant pas de revenus directs issus d’équipes masculines d’investir dans leurs équipes féminines sans créer de déséquilibre excessif.
Le club London City a d’ailleurs largement profité de ce mécanisme de financement lors de sa promotion en WSL. Cet été, le club a recruté seize joueuses, bénéficiant du soutien de Michele Kang, également propriétaire de l’Olympique Lyonnais féminin, championne de France.
La WSL n’a pas souhaité commenter ces nouvelles mesures.