La chanteuse Andra Day et son manager de longue date, Jeff Evans, sont engagés dans une bataille judiciaire féroce. Chacun accuse l’autre de s’être indûment approprié des redevances et des bénéfices. Cette rupture brutale intervient après plus d’une décennie de collaboration fructueuse.
- Jeff Evans a intenté une action en justice, réclamant 40 % des redevances et 20 % des autres bénéfices, qu’il affirme qu’Andra Day lui doit depuis 2024.
- Andra Day a contre-attaqué, arguant que leur contrat initial était « une exploitation » et qu’il a expiré en 2023, avant d’accuser son manager de détournement de fonds et de vol de redevances s’élevant à au moins 1,6 million de dollars.
- Les deux procès ont été déposés devant le tribunal de Los Angeles, l’un lundi 6 octobre et l’autre mardi 7 octobre.
La relation professionnelle entre Andra Day (née Cassandra Monique Batie) et Jeff Evans a débuté en 2010. Cinq ans plus tard, la carrière de la chanteuse décollait avec la sortie de son premier album Cheers to the Fall, acclamé par la critique et nominé aux Grammy Awards, porté par le succès de son single « Rise Up ». Cependant, des dissensions financières majeures ont fini par miner leur collaboration, les menant aujourd’hui devant les tribunaux.
Dans sa plainte, Evans soutient qu’Andra Day a manqué à ses obligations contractuelles en ne lui versant pas les sommes convenues. Il réclame notamment une part des avances sur droits d’auteur perçues par Day auprès de Kobalt, estimées à 1,5 million de dollars sur les deux dernières années, ainsi que des paiements liés à son rôle d’actrice dans le film Netflix The Deliverance. Ses avocats, Edwin McPherson et Brian Caplan, estiment qu’à la date du dépôt de la plainte, leur client se voit devoir un minimum de 850 000 dollars.
Andra Day réfute vigoureusement ces accusations. Par la voix de son avocat, James Sammataro, elle dénonce un contrat initial d’« exploitation » et affirme que les accords, y compris celui sur la commission de 20 %, ont pris fin en 2023. Selon elle, le véritable problème réside dans le fait qu’Evans aurait été pris la main dans le sac en tentant de la « voler ». La chanteuse accuse son manager d’avoir détourné une enveloppe de 600 000 dollars destinée à l’enregistrement, provenant de son label Warner Records, et de s’être approprié plus d’un million de dollars de redevances sur ses compositions et enregistrements. « Evans a abusé de son rôle fiduciaire pour escroquer Day avec une cupidité aveugle », affirme Me Sammataro. Il ajoute que le détournement de fonds par Evans a laissé la chanteuse au bord de l’expulsion, incapable de régler les mensualités de sa dette de carte de crédit et sans les fonds nécessaires pour partir en tournée.
Le procès intenté par Day suggère qu’au printemps dernier, Evans lui aurait dérobé au moins 1,6 million de dollars. Elle réclame une enquête approfondie pour démêler la « toile d’escroqueries » tissée par son manager et déterminer le montant exact de ce qui lui est dû suite à ses diverses « manigances ».
Ni les avocats d’Evans, ni James Sammataro n’ont souhaité commenter les allégations de ces deux procès distincts.