Publié le 15 février 2026 à 12h10 GMT+03h00. Face à des menaces croissantes et interconnectées, responsables européens et du Pacifique ont échangé à Munich sur la nécessité d’une coopération renforcée en matière de sécurité, de dissuasion et de partage des fardeaux.
- Des responsables du Japon, des Pays-Bas, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et des États-Unis ont discuté des défis de sécurité communs lors de la Conférence de Munich.
- Le Japon s’inquiète de la coopération grandissante entre la Chine, la Russie et la Corée du Nord.
- L’Europe et l’Indo-Pacifique partagent des vulnérabilités similaires en matière de cybersécurité et de dépendances économiques.
La 62e Conférence de Munich sur la sécurité a été le théâtre d’échanges préoccupés concernant la convergence des défis géopolitiques et la nécessité d’une réponse collective. Des représentants de pays clés de l’Indo-Pacifique et d’Europe ont souligné l’importance de la coopération pour faire face à un monde de plus en plus instable.
Le ministre japonais des Affaires étrangères, Toshimitsu Motegi, a mis en avant trois préoccupations majeures : les tensions croissantes dans l’ordre international, les enjeux de sécurité spécifiques à l’Euro-Atlantique et à l’Indo-Pacifique, et la nécessité d’une coopération étroite avec les États-Unis. Il a insisté sur le rôle du Japon dans la dissuasion et la défense contre toute agression.
« À l’avenir, le Japon contribuera à la stabilité et à la paix de la société internationale »
Toshimitsu Motegi, ministre japonais des Affaires étrangères
Motegi a également exprimé son inquiétude face à l’intensification de la coopération entre la Chine, la Russie et la Corée du Nord, soulignant l’impact potentiel de cette alliance sur la sécurité régionale. Tokyo assure suivre de près l’évolution de la situation.
Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, David van Weel, a quant à lui souligné les similitudes croissantes entre les menaces auxquelles sont confrontées l’Europe et l’Indo-Pacifique. Il a notamment évoqué les défis liés à la cybersécurité, aux menaces hybrides et aux dépendances économiques.
« Si vous regardez le cyberespace, si vous regardez les menaces hybrides, alors nous sommes tous dans la même arène, et nous y sommes tous confrontés aux mêmes ennemis. Si vous regardez l’arène économique, nos dépendances et notre besoin de diversification, ou les mesures de contrôle des exportations auxquelles nous sommes confrontés, ce sont toutes les mêmes »
David van Weel, ministre néerlandais des Affaires étrangères
Van Weel a insisté sur la nécessité de renforcer les alliances dans un monde en pleine turbulence.
Le ministre australien de la Défense, Richard Marles, a mis l’accent sur l’importance de la dissuasion et du partage des fardeaux, affirmant que Canberra souhaite être un allié plus efficace pour Washington. Il a également souligné l’ampleur du renforcement militaire chinois, qualifié de « plus grand renforcement militaire conventionnel que nous ayons vu dans le monde depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale », tout en soulignant l’absence de garanties stratégiques.
« D’un point de vue australien, nous sommes déterminés à travailler avec les États-Unis et d’autres partenaires comme le Japon pour essayer de mettre en avant la dissuasion dans l’Indo-Pacifique afin que nous puissions maintenir la paix, la stabilité et la prospérité ; un Indo-Pacifique libre et ouvert »
Richard Marles, ministre australien de la Défense
La ministre néo-zélandaise de la Défense, Judith Collins, a appelé à une prise de conscience collective face à la détérioration de la situation mondiale, estimant qu’il est impératif de ne pas rester dans le statu quo.
« Nous devrons comprendre que nous ne pouvons pas continuer à penser que nous pouvons continuer comme nous l’avons fait, sans améliorations significatives »
Judith Collins, ministre néo-zélandaise de la Défense
Elle a souligné l’interdépendance des nations. Le sous-secrétaire américain à la Défense chargé de la politique, Elbridge Colby, a quant à lui insisté sur la nécessité d’éviter une escalade des conflits, même en cas de crise.