Deux figures centrales du « Freedom Convoi », ce mouvement de contestation qui avait paralysé Ottawa pendant plusieurs semaines en 2022, ont échappé à la prison. Tamara Lich et Chris Barber ont écopé de peines avec sursis pour leur rôle dans cette manifestation qui s’opposait aux mesures sanitaires liées à la COVID-19 et au gouvernement de Justin Trudeau.
Reconnus coupables de méfait, la majorité des autres accusations qui pesaient sur eux ont été abandonnées suite à un long procès qui s’est achevé en avril. La Couronne avait pourtant requis des peines sévères, exigeant sept ans de prison pour Tamara Lich et huit ans pour Chris Barber. Leurs avocats avaient plaidé pour une absolution inconditionnelle.
Finalement, les deux accusés purgeront une peine de 18 mois avec sursis. Celle-ci se décompose en 12 mois à domicile, avec des sorties limitées, suivis de six mois de couvre-feu, le tout complété par 100 heures de travaux d’intérêt général, selon les informations rapportées par CBC et le Toronto Star.
Parallèlement, la Couronne a introduit une demande de saisie du célèbre camion « Big Red », propriété de Chris Barber et qui fut un symbole de la manifestation. Des documents judiciaires révèlent que Barber a soutenu avoir agi sous les instructions de la police quant au stationnement et au déplacement du véhicule. Son avocat a également argumenté que ce poids lourd est indispensable à l’activité de l’entreprise de camionnage de Barber, servant également à ses employés et à sa famille dans le cadre de leurs activités régulières. Une audience est prévue en novembre pour statuer sur cette requête.
L’offensive judiciaire se poursuit concernant d’autres figures de la contestation. La Couronne a interjeté appel de la sentence rendue en février à l’encontre de Pat King, un autre organisateur du « Freedom Convoi ». Les procureurs avaient réclamé une peine de dix ans de prison, mais Pat King avait été condamné à trois mois d’assignation à résidence après avoir été reconnu coupable de cinq chefs d’accusation, notamment pour méfait et pour avoir incité d’autres personnes à commettre des délits ou à entraver le travail de la police.
Le juge avait à l’époque souligné que Pat King n’était pas un leader central de la protestation et avait rappelé qu’il avait lui-même appelé les manifestants au respect de la loi et à l’absence de violence via les réseaux sociaux.
Pour rappel, les manifestations qui ont secoué Ottawa en février 2022 avaient été déclenchées par l’obligation fédérale de vaccination pour les camionneurs traversant la frontière entre le Canada et les États-Unis. Quelque 400 poids lourds et autres véhicules avaient convergé vers la capitale canadienne, bloquant les rues avoisinant le Parlement pendant trois semaines. Les autorités municipales avaient qualifié cette situation d’« occupation ».
Ces rassemblements avaient pris fin suite à l’invocation de la Loi sur les situations d’urgence par le gouvernement Trudeau, une mesure inédite dans l’histoire canadienne. Cette loi a autorisé la police à déloger les manifestants et a permis au gouvernement d’imposer des interdictions de rassemblement, entre autres dispositions.