Publié le 24 février 2026 à 12h22. Le ministère public espagnol se prépare à enquêter sur les réseaux sociaux Meta, TikTok et X pour leur rôle potentiel dans la diffusion de pornographie infantile générée par intelligence artificielle (IA), suite à une demande du gouvernement de Pedro Sánchez.
Le Collège des procureurs a donné son accord unanime à l’ouverture d’une enquête sur ces plateformes numériques. Bien qu’il s’agisse d’un avis non contraignant, c’est à la procureure générale de l’État, Teresa Peramato Martín, de prendre la décision finale.
Lors de la réunion de ce mardi, la procureure coordinatrice de la criminalité informatique, Elvira Tejada, a exprimé sa préoccupation face à la prolifération de ce type de contenu généré par l’IA. Elle a proposé trois axes d’action principaux : approfondir les enquêtes déjà ouvertes par les parquets territoriaux afin d’évaluer la responsabilité éventuelle des plateformes, collaborer avec le parquet français – qui a lancé une enquête contre X et s’est dit prêt à partager des informations avec l’Espagne – et ouvrir une procédure permettant aux forces de l’ordre de collecter des preuves de matériel pédopornographique diffusé sur ces plateformes à partir de sources ouvertes.
Le procureur chargé de la Coopération internationale, Francisco Jiménez Villarejo, a quant à lui suggéré une réponse globale, incluant des actions liées à la protection des consommateurs et des données personnelles, ainsi que la création d’une équipe de travail dédiée au sein du ministère public.
La procureure Consuelo Madrigal a également préconisé l’application des mesures de protection des mineurs prévues par la loi. Plusieurs procureurs ont par ailleurs proposé de soumettre au gouvernement des propositions de réforme législative dans le domaine pénal.
Cette décision intervient dans un contexte de préoccupation croissante concernant l’utilisation de l’intelligence artificielle pour créer et diffuser du contenu illégal, notamment de la pornographie infantile.