Publié le 2025-10-12 15:01:00. Des coupes drastiques dans les transferts régionaux par le gouvernement central indonésien suscitent l’inquiétude des provinces, qui craignent des répercussions graves sur le développement local, les services publics et même la rémunération des fonctionnaires. Cette décision, qui contredit les promesses d’une plus grande autonomie locale, risque d’attiser les tensions politiques.
Une réunion houleuse a eu lieu le 7 octobre, rassemblant au siège de l’Association des gouvernements provinciaux indonésiens (APPSI) des représentants d’au moins 18 provinces, d’Aceh à l’ouest jusqu’à la Papouasie des Hautes Terres à l’est, ainsi que des délégués de huit autres régions. Leur objectif commun : exhorter le gouvernement central à revoir sa copie concernant les réductions significatives des transferts budgétaires prévus pour l’année prochaine.
Ces transferts constituent la principale source de revenus pour la majorité des provinces indonésiennes. Or, le projet de budget de l’État pour l’année à venir ne prévoit que 693 000 milliards de roupies (environ 42 milliards de dollars) pour ces aides. Ce montant, qui inclut une rallonge de 43 000 milliards de roupies de dernière minute visant à apaiser les contestations potentielles liées à l’augmentation des impôts fonciers locaux, reste inférieur d’environ 20 % aux prévisions de l’année en cours. Il s’agirait du niveau le plus bas des transferts régionaux depuis près d’une décennie, inférieur même aux montants alloués en 2016.
Lors d’un entretien avec le ministre des Finances, Sherly Tjoanda, gouverneure des Moluques du Nord, a déploré ces coupes, signalant une diminution de 60 % des fonds de partage des revenus de sa province, lesquels font partie intégrante des transferts régionaux. Certaines régence (subdivisions administratives) auraient même subi des baisses plus importantes.
Ces restrictions budgétaires inquiètent les dirigeants provinciaux au plus haut point. Ils redoutent que ces mesures ne compromettent le développement économique local, ne perturbent l’offre des services publics essentiels et n’affectent, à terme, la rémunération des fonctionnaires.
Les experts soulignent que cette politique va à l’encontre des engagements pris par le président Prabowo Subianto, qui avait promis une décentralisation accrue et davantage d’autonomie pour les régions. Sans une gestion avisée, cette divergence pourrait alimenter des tensions politiques déjà latentes.