Publié le 2025-10-20 09:01:00. Alors que les partis politiques esquissent leurs programmes budgétaires, une étude du Bureau de planification sociale et culturelle (SCP) révèle un décalage notable entre les attentes des citoyens et les propositions de coupes dans le secteur de la santé. Les Néerlandais privilégient massivement les investissements dans les soins, contrairement à la majorité des formations politiques.
- Plus de 70% des sondés souhaitent une augmentation des dépenses publiques en matière de santé, seuls 2% étant favorables à des réductions.
- L’investissement dans le logement est le seul autre domaine suscitant un soutien populaire aussi fort pour des fonds supplémentaires (plus de 80%).
- La plupart des partis envisagent des réductions budgétaires dans la santé, un secteur dont le coût dépasse déjà les 100 milliards d’euros.
Malgré un désir clair des électeurs d’augmenter les fonds alloués à la santé, de nombreux partis politiques semblent vouloir aller à contresens. Leurs plans budgétaires incluent, pour la plupart, des mesures restrictives pour le secteur de la santé, un domaine dont le financement actuel frôle les 100 milliards d’euros et dont la trajectoire de hausse, sans intervention, est estimée à 16 milliards d’euros supplémentaires sur le prochain mandat.
Seul le parti GL/PvdA propose une augmentation des dépenses de santé. Cependant, ce bloc fusionné se trouve contraint de réaliser des coupes budgétaires ailleurs pour compenser, notamment en raison de l’augmentation des contributions à l’OTAN.
Les propositions de réductions sont significatives. Plusieurs partis, tels que le VVD, le CDA, JA21 et le D66, envisagent de geler ou de plafonner le panier de soins de base. Cette mesure pourrait avoir pour conséquence de ne plus rembourser certains nouveaux traitements ou médicaments via l’assurance maladie. D’autres pistes évoquées incluent l’augmentation de la franchise, voire jusqu’à 440 euros, ou encore une diminution des dépenses consacrées aux soins aux personnes âgées et aux maisons de retraite.
Ces perspectives de coupes budgétaires ne sont pas du goût des électeurs, quelle que soit leur affiliation politique. L’étude du SCP indique que les électeurs de droite soutiennent généralement des réductions dans l’aide au développement, l’art, la culture, l’intégration et l’accueil des demandeurs d’asile. Le parti GL/PvdA, en proposant des réductions budgétaires, risque de décevoir ses propres électeurs, qui ne semblent pas favorables à une telle approche. Ce parti semble d’ailleurs privilégier l’augmentation de la dette nationale comme solution pour équilibrer les comptes.
La santé, pas le souci numéro un des électeurs
Parallèlement, l’étude du SCP révèle que la santé n’est plus perçue comme la préoccupation sociale majeure par les électeurs. Moins de 20% des personnes interrogées l’ont citée parmi les « problèmes sociaux les plus importants », la plaçant ainsi en septième position, derrière des enjeux tels que la confiance dans la politique, le logement, les normes et valeurs, ou encore l’immigration et l’intégration.
Ce constat contraste fortement avec la période de la pandémie de Covid-19, où la santé publique figurait en tête des préoccupations. Avant même cette crise sanitaire, la santé apparaissait systématiquement comme un sujet prioritaire dans les enquêtes du SCP, méritant une place de choix dans l’agenda politique selon les citoyens.
Une confiance en berne
Les recherches les plus récentes de l’agence de planification font également état d’une érosion de la confiance envers les acteurs politiques, tant envers le gouvernement qu’envers les membres de la Chambre des représentants. Il est toutefois à noter que ces données ont été recueillies au printemps, avant la chute du premier cabinet Schoof. À cette époque, le niveau de confiance dans l’action gouvernementale oscillait déjà autour de 40%.