Publié le 20 octobre 2025 à 11h31. Dans un contexte de tensions internationales croissantes, Nexperia, fabricant de semi-conducteurs dont le siège est à Nimègue, a vu sa direction chinoise réaffirmer son ancrage national auprès de ses employés, les invitant à ignorer les directives venant de l’étranger.
- Une lettre adressée aux employés chinois de Nexperia confirme les racines chinoises de l’entreprise et demande d’ignorer les communications externes à la Chine.
- Les employés sont tenus de continuer leur travail sous la direction chinoise, les paiements de salaires étant assurés par Nexperia Chine.
- Cette prise de position intervient alors que le gouvernement néerlandais a pris le contrôle de l’entreprise et que la Chine a imposé un embargo sur les exportations de puces Nexperia.
Nexperia, entreprise d’origine néerlandaise spécialisée dans la fabrication de composants électroniques simples pour l’automobile et l’électroménager, est passée sous le contrôle total de la société chinoise Wingtech en 2019. Bien que son siège social soit établi à Nimègue, l’entreprise possède des antennes dans plusieurs pays.
Ces derniers temps, Nexperia s’est retrouvée au cœur de tensions géopolitiques. Le tribunal néerlandais a révoqué le PDG de Wingtech, Zhang Xuezheng, invoquant de graves dysfonctionnements administratifs. Simultanément, le ministère néerlandais de l’Économie a pris les rênes de l’entreprise, motivé par des préoccupations quant à l’approvisionnement en puces pour les Pays-Bas et l’Europe. En réponse à ces mesures, la Chine a décrété un embargo sur les exportations de puces produites par Nexperia, dont une part importante est fabriquée sur son territoire. Cette situation suscite une vive inquiétude au sein de l’industrie automobile européenne, confrontée à un risque de pénurie.
Face à ces développements, la branche chinoise de Nexperia met l’accent sur son identité nationale. Un porte-parole de Nexperia Pays-Bas a confirmé avoir pris connaissance de la lettre mais a refusé de commenter son contenu. De son côté, le ministère de l’Économie a indiqué que le ministre sortant, Karremans, prévoyait d’échanger avec son homologue chinois dans le courant de la semaine, sans plus de précisions sur le lieu ou l’heure de cette discussion.