Publié le 12 février 2026 20:53:00. L’opération d’expulsion massive menée par l’administration Trump dans le Minnesota, marquée par des arrestations en grand nombre, des manifestations et deux décès, semble toucher à sa fin, selon les déclarations de Tom Homan, le responsable chargé des frontières. Cette intervention, qui a suscité une vive controverse, pourrait marquer un tournant dans la politique migratoire américaine.
- Plus de 4 000 personnes ont été arrêtées dans la région de Minneapolis-St. Paul.
- L’opération a été critiquée pour son impact sur l’économie locale et la communauté immigrée.
- Bien que l’administration Trump affirme que l’opération est un succès, un sondage récent indique que la majorité des Américains estiment que sa politique d’immigration va trop loin.
L’opération, qualifiée par le Département de la Sécurité intérieure de « la plus grande opération de contrôle de l’immigration de l’histoire », a été le théâtre de tensions croissantes après les décès de Renee Good et Alex Pretti, tués par des agents fédéraux à Minneapolis. Tom Homan, le « tsar des frontières », a annoncé jeudi que l’opération touchait à sa fin.
Selon M. Homan, l’intervention de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) dans la zone de Minneapolis-St. Paul a abouti à plus de 4 000 arrestations, qu’il considère comme un résultat positif.
« L’opération rend le Minnesota plus sûr. Je le répète, c’est moins un État sanctuaire pour les criminels. »
Tom Homan, responsable chargé des frontières
Cette annonce intervient alors qu’un nouveau sondage réalisé par Associated Press-NORC révèle qu’une majorité d’adultes américains estiment que la politique d’immigration de Donald Trump est excessive. Elle marque également un recul significatif par rapport à une opération qui a rapidement pris une ampleur considérable et s’est avérée plus délicate que les précédentes interventions à Chicago et Los Angeles.
Les autorités locales et les responsables de l’État, qui se sont fréquemment opposés aux autorités fédérales depuis le début de l’opération en décembre, soulignent les dommages à long terme causés à l’économie de l’État et à sa communauté immigrée. Le gouverneur démocrate Tim Walz a appelé jeudi les habitants à rester vigilants dans les jours à venir, alors que les agents d’immigration se préparent à se retirer. Il a dénoncé cette offensive comme une « agression inutile, injustifiée et dans de nombreux cas inconstitutionnelle contre notre État ».
« Le chemin sera long. Les Minnesotans sont des voisins honnêtes, attentionnés et aimants et ils font également partie des personnes les plus coriaces que vous puissiez trouver. Et nous sommes là-dedans aussi longtemps qu’il le faudra. »
Tim Walz, gouverneur du Minnesota
Malgré cette annonce, Tom Homan a promis que les raids contre l’immigration ne seraient pas définitivement interrompus.
« Le président Trump a promis des expulsions massives et c’est ce que ce pays va obtenir. »
Tom Homan, responsable chargé des frontières
Certains militants ont exprimé un certain soulagement, mais mettent en garde contre un relâchement de la vigilance. Lisa Erbes, dirigeante du groupe de protestation progressiste Indivisible Twin Cities, a insisté sur la nécessité de tenir les responsables pour responsables des conséquences de cette opération.
« Des gens sont morts. Des familles ont été séparées. Nous ne pouvons pas simplement dire que c’est fini et oublier la douleur et la souffrance qui ont été imposées à la population du Minnesota. »
Lisa Erbes, dirigeante d’Indivisible Twin Cities
L’administration Trump a justifié les arrestations en affirmant que les personnes détenues étaient des « criminels étrangers en situation irrégulière dangereux », mais de nombreuses personnes arrêtées n’avaient pas de casier judiciaire, y compris des enfants et des citoyens américains.
La semaine dernière, M. Homan avait annoncé le retrait immédiat de 700 agents fédéraux du Minnesota, laissant néanmoins plus de 2 000 agents sur le terrain. Il avait alors évoqué une « augmentation sans précédent de la collaboration », notamment grâce à l’aide des prisons détenant des détenus expulsables, qui rendait la présence d’autant d’agents fédéraux moins nécessaire. M. Homan a déclaré jeudi qu’il resterait au Minnesota pour superviser le retrait, qui a débuté cette semaine et se poursuivra la semaine prochaine. Il a souligné un « grand changement » au cours des deux dernières semaines, qu’il attribue à la coopération des dirigeants locaux.
Au plus fort de l’opération, des agents lourdement armés se sont heurtés à une forte résistance de la part des habitants, indignés par leurs tactiques agressives. Le maire de Minneapolis, Jacob Frey, a déclaré sur les réseaux sociaux :
« Ils pensaient pouvoir nous briser, mais l’amour pour nos voisins et la détermination de résister peuvent durer plus longtemps qu’une occupation. Ces patriotes de Minneapolis montrent qu’il ne s’agit pas seulement de résistance : soutenir nos voisins est profondément américain. »
Jacob Frey, maire de Minneapolis