Publié le 17 février 2024 19:22:00. Les États-Unis prévoient de superviser la vente de pétrole vénézuélien, espérant générer plus de 10 milliards de dollars par an pour financer la reconstruction du pays après l’arrestation de Nicolás Maduro. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie diplomatique inédite visant à favoriser une transition politique et économique au Venezuela.
- Les ventes de pétrole vénézuélien pourraient dépasser 10 milliards de dollars par an.
- Un milliard de dollars de pétrole brut a déjà été vendu, avec des accords pour 5 milliards de dollars supplémentaires en cours.
- Les revenus seront destinés à la reconstruction du Venezuela et à la restauration des institutions démocratiques.
Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a annoncé ce mardi que les revenus générés par la vente de pétrole vénézuélien, sous supervision américaine, pourraient dépasser les 10 milliards de dollars par an. Cette annonce intervient après l’arrestation, le 3 janvier dernier, de Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores.
Jusqu’à présent, environ 1 milliard de dollars de pétrole brut a déjà été vendu, et des accords ont été signés pour la vente de 5 milliards de dollars supplémentaires dans les mois à venir. Selon les projections de Washington, le chiffre d’affaires annuel pourrait ainsi dépasser les 10 milliards de dollars (environ 9,2 milliards d’euros).
« Cet énorme volume de revenus permettra de commencer à reconstruire un pays et une société, de restaurer une presse libre et un gouvernement représentatif », a déclaré Chris Wright. L’objectif affiché est de financer un vaste programme de reconstruction et de réformes institutionnelles au Venezuela.
La semaine dernière, Chris Wright s’est rendu à Caracas pour rencontrer Delcy Rodríguez, chef du régime chaviste, afin de consolider cet accord énergétique qualifié d’« historique » par les deux parties. L’accord prévoit que le pétrole vénézuélien sera commercialisé sous la supervision des États-Unis, garantissant ainsi que les fonds soient utilisés aux fins convenues.
Le secrétaire à l’Énergie a souligné que cet accord bénéficierait non seulement au Venezuela, mais également à l’industrie américaine. Il a précisé que le brut vénézuélien correspond au type de pétrole pour lequel de nombreuses raffineries américaines ont été conçues dans les années 1970.
« Cela contribuera à la production d’asphalte aux États-Unis, rendant ainsi la construction de routes moins coûteuse », a-t-il ajouté. Selon lui, ce mécanisme permet de valoriser les capacités techniques existantes et de contribuer au marché intérieur américain, tout en assurant un approvisionnement stable en hydrocarbures.
Wright a qualifié cette coopération d’« incroyable », soulignant que la transformation de l’industrie pétrolière vénézuélienne se réalise « sans un seul soldat américain sur le terrain et sans un seul dollar des contribuables américains ». Il a insisté sur le fait que cette stratégie s’inscrit dans une diplomatie « hors du conventionnel », initiée par l’administration Trump, et représente « un tournant » dans les relations bilatérales.
Après l’arrestation de Nicolás Maduro et de son épouse, Donald Trump avait demandé un « accès total » aux ressources énergétiques vénézuéliennes, chargeant les autorités américaines d’assumer la gestion directe du secteur.
Chris Wright a confirmé que Washington conservera le contrôle de la vente du pétrole vénézuélien pour une durée « indéterminée », ce qui implique que le pays sud-américain restera dépendant des décisions américaines pour accéder aux revenus générés par sa principale ressource d’exportation.
Cependant, le secrétaire à l’Énergie a rappelé que les États-Unis continueront d’utiliser leur contrôle sur l’industrie pétrolière vénézuélienne comme un outil de pression politique, afin de conditionner Caracas dans le processus de transition et de garantir que les fonds soient utilisés conformément aux accords bilatéraux.
Les dirigeants chavistes ont présenté cet accord pétrolier comme une étape clé pour stabiliser l’économie nationale et jeter les bases de réformes profondes. Le contrôle de l’industrie énergétique reste au cœur de la relation entre Caracas et Washington, les États-Unis affirmant leur attachement à une reprise vénézuélienne menée par des institutions rénovées et une orientation démocratique.
Cet accord énergétique et le contrôle des exportations de pétrole brut marquent une nouvelle étape dans la politique bilatérale et redéfinissent le rôle du Venezuela sur le marché mondial, tandis que les ressources générées sous la supervision américaine deviennent le principal soutien financier du gouvernement intérimaire et un élément clé de la stratégie de reconstruction nationale.
(Avec informations de l’Agence de presse espagnole)