Un nouvel accord commercial entre les États-Unis et l’Argentine promet de dynamiser les échanges bilatéraux en abaissant les barrières douanières, une initiative qui s’inscrit dans les stratégies de déprotection de l’économie argentine et de maîtrise de l’inflation aux États-Unis.
L’accord, signé le 5 février à Washington par Jamieson Greer, le représentant américain au Commerce, et Pablo Quirno, ministre argentin des Affaires étrangères, formalise un accord de principe conclu en novembre 2025. Il prévoit l’élimination par l’Argentine des droits de douane sur 221 catégories de produits américains, notamment les produits chimiques, les machines et les dispositifs médicaux. Buenos Aires s’engage également à réduire les droits de douane à 2 % sur 20 autres catégories, principalement les pièces automobiles, et à accorder des quotas sans droits de douane pour les véhicules et certains produits agricoles, comme le bétail sur pied et les produits laitiers.
En retour, les États-Unis supprimeront les droits de douane sur 1 675 produits argentins, une mesure qui, selon le gouvernement argentin, pourrait augmenter les recettes d’exportation de plus d’un milliard de dollars (environ 920 millions d’euros). L’accès préférentiel au marché américain pour le bœuf argentin sera également considérablement élargi, avec un quota porté à 100 000 tonnes, soit 80 000 tonnes supplémentaires par rapport aux 20 000 tonnes déjà autorisées. Cette augmentation devrait générer environ 800 millions de dollars (environ 740 millions d’euros) de recettes supplémentaires pour les exportateurs argentins.
La Maison Blanche a confirmé le 6 février que l’intégralité de ces 80 000 tonnes métriques supplémentaires proviendra d’Argentine. Par ailleurs, Washington s’est engagé à revoir les droits de douane de 50 % imposés sur les importations argentines d’acier et d’aluminium.
Cet accord s’inscrit dans la politique de démantèlement des mesures protectionnistes menée par le président argentin Javier Milei, qui s’est fait connaître comme un fervent défenseur de l’anarcho-capitalisme. Il répond également aux préoccupations du président américain Donald Trump concernant la hausse des prix des denrées alimentaires pour les consommateurs américains. « Nous travaillons sur la viande bovine et je pense que nous avons un accord sur la viande bovine », avait déclaré Trump en octobre 2025, alors que son administration cherchait à augmenter les volumes de bœuf argentin importés.
La situation du cheptel américain, affecté par une sécheresse prolongée dans l’Ouest, a contribué à la hausse des prix du bœuf. Au début de 2026, le nombre de bovins aux États-Unis était tombé à 86,2 millions, dont 27,6 millions de vaches de boucherie, selon le ministère américain de l’Agriculture. Les prix de détail du bœuf avaient atteint un pic de 6,68 dollars la livre (environ 6,20 euros le kilo) en décembre 2025.
Cependant, cette ouverture du marché américain à la viande argentine suscite des inquiétudes parmi les éleveurs américains. La National Cattlemen’s Beef Association, principale organisation représentant les producteurs américains, a qualifié cette décision d’« erreur » qui pourrait nuire aux revenus des éleveurs, sans pour autant avoir un impact significatif sur les prix à la consommation. L’association préconise plutôt des mesures de lutte contre les maladies animales et des investissements pour protéger le cheptel national, ainsi qu’un allègement des réglementations, notamment en ce qui concerne la gestion des prédateurs.