Publié le 26 février 2026 à 13h43. Des négociations indirectes entre les États-Unis et l’Iran, sous l’égide d’Oman, pourraient aboutir à un accord partiel si Washington accepte de séparer les questions nucléaires des autres dossiers de contentieux, selon un haut responsable iranien. La situation reste toutefois tendue, avec des menaces américaines et un renforcement militaire dans la région.
- Un accord pourrait être envisageable si les États-Unis et l’Iran parviennent à dissocier les questions nucléaires des autres points de friction.
- Les pourparlers, qui se déroulent à Genève, sont considérés comme « intenses et sérieux » par Téhéran.
- Les tensions régionales s’intensifient, avec des déploiements militaires américains et des craintes de conflit ouvert.
Les discussions, qui se concentrent sur le programme nucléaire iranien, interviennent dans un contexte de fortes tensions au Moyen-Orient. Le président américain Donald Trump a averti qu’il pourrait recourir à la force si aucun accord n’est trouvé, et les États-Unis ont renforcé leur présence militaire dans la région, notamment en déployant des porte-avions et des avions de combat.
Selon un haut responsable iranien, les négociations à Genève, impliquant le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araqchi et les envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner, ont permis d’échanger des « idées créatives et positives ». Il a toutefois souligné la nécessité de réduire les divergences restantes lors d’un troisième cycle de pourparlers.
« Il y a de nouvelles idées qui doivent être consultées avec Téhéran. Il reste néanmoins des divergences qui doivent être comblées. »
Haut responsable iranien
Washington, qui accuse Téhéran de chercher à développer une arme nucléaire, exige que l’Iran abandonne tout enrichissement d’uranium, un processus essentiel pour les centrales nucléaires mais qui peut également servir à la fabrication d’armes. L’Iran a toujours nié vouloir se doter de l’arme nucléaire et a affirmé être ouvert à la flexibilité dans les négociations.
Des concessions de la part de Téhéran, notamment en matière d’enrichissement d’uranium, ont été évoquées par l’agence Reuters Reuters, en échange d’une levée des sanctions et de la reconnaissance du droit iranien à enrichir de l’uranium. Cependant, les États-Unis souhaitent également aborder d’autres questions, telles que l’arsenal de missiles balistiques iranien et son soutien à des groupes armés dans la région.
Le sénateur américain Marco Rubio a mis en garde contre le refus de l’Iran de discuter de son programme de missiles balistiques, qu’il considère comme une menace directe pour les États-Unis et la stabilité régionale.
« Si vous ne parvenez même pas à progresser dans le programme nucléaire, il sera également difficile de progresser dans le domaine des missiles balistiques. »
Marco Rubio, sénateur américain
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a réaffirmé que les négociations se concentreraient uniquement sur les questions nucléaires et la levée des sanctions, et que Téhéran aborderait ces discussions avec « sérieux et flexibilité ».
La pression s’intensifie avec les avertissements du président Trump, qui a déclaré le 19 février que l’Iran devait parvenir à un accord dans les dix à quinze jours, sous peine de « très mauvaises choses ». Il a également évoqué la possibilité d’une action militaire contre l’Iran lors de son discours sur l’état de l’Union, tout en soulignant sa préférence pour une solution diplomatique.
Les États-Unis ont renforcé leur présence militaire dans la région, notamment en déployant l’USS Gerald R. Ford, le plus grand porte-avions américain, près des côtes israéliennes, et une douzaine d’avions de combat F-22 en Israël. Ces déploiements visent à faire pression sur l’Iran pour qu’il fasse des concessions.
L’Iran a réagi aux tensions en tirant des missiles sur Israël l’été dernier et a menacé de riposter en cas d’attaque. Plusieurs pays ont commencé à retirer leur personnel diplomatique et non essentiel de la région, ou à conseiller à leurs citoyens d’éviter de se rendre en Iran.
L’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de l’Iran, est confronté à une crise économique majeure et à des manifestations croissantes dans le pays, exacerbées par les sanctions et la répression des troubles de janvier.
Le président Masoud Pezeshkian a rappelé que l’ayatollah Khamenei a interdit le développement d’armes de destruction massive, réaffirmant ainsi la position officielle de Téhéran.