Les États-Unis ont haussé le ton mercredi face à l’Iran, avertissant qu’une solution diplomatique reste possible mais menaçant de recourir à la force si Téhéran ne revient pas à la table des négociations. Cette escalade verbale intervient après une nouvelle session de pourparlers indirects près de Genève, et alors que les tensions militaires s’intensifient dans le Golfe.
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré qu’il existait « de nombreuses raisons et arguments en faveur d’une frappe contre l’Iran », tout en soulignant qu’il serait « bien avisé » de parvenir à un accord avec l’administration Trump. Cette mise en garde fait suite à l’annonce de Téhéran qu’elle travaillait à l’élaboration d’un « cadre préliminaire » pour relancer les discussions, interrompues en juin suite à une offensive israélienne en Iran qui a déclenché une guerre de 12 jours.
Le président Donald Trump a également mis en garde le Royaume-Uni contre toute cession d’une base militaire située dans l’océan Indien, la jugeant « vitale » en cas d’action contre l’Iran si un accord n’est pas trouvé. Washington a déployé deux porte-avions dans le Golfe et maintient des dizaines de milliers de soldats dans la région, dont certaines bases pourraient être vulnérables à des représailles iraniennes.
Abbas Araghchi, le chef de la diplomatie iranienne, a indiqué que son pays préparait ce « cadre préliminaire » lors d’un appel avec Rafael Grossi, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). M. Grossi a affirmé que l’AIEA, chargée de vérifier le caractère pacifique du programme nucléaire iranien, était « prête à apporter son soutien » à cette démarche.
Les négociations, qui se déroulent sous médiation omanaise, peinent à aboutir. Le vice-président américain JD Vance a reconnu mardi que, bien que le dialogue se poursuive, « il était très clair que le président avait établi certaines lignes rouges que les Iraniens ne sont pas encore prêts à reconnaître ». L’Iran nie chercher à se doter de l’arme nucléaire, mais exige la levée des sanctions économiques qui pèsent sur son économie en contrepartie d’un accord limité à son programme nucléaire.
Les États-Unis, en revanche, souhaitent que tout accord comprenne également des restrictions sur le programme de missiles balistiques iranien et sur son soutien aux groupes armés hostiles à Israël. Le président Trump a menacé à plusieurs reprises d’intervenir militairement contre Téhéran, évoquant même la possibilité d’un changement de régime en cas d’échec des négociations.
De son côté, le président iranien Massoud Pezeshkian a averti que son pays ne se laisserait pas « imposer sa volonté » et qu’il riposterait en cas d’attaque, notamment en menaçant de fermer le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le commerce mondial du pétrole. Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique iranienne, ont d’ailleurs lancé des manœuvres militaires dans cette zone sensible.
À ce stade, les perspectives d’une résolution pacifique restent incertaines, et le risque d’une escalade militaire demeure élevé.
À retenir
- Les États-Unis ont averti l’Iran qu’une action militaire est envisageable si un accord nucléaire n’est pas conclu.
- Les négociations indirectes, sous médiation omanaise, sont au point mort, les deux parties campant sur leurs positions.
- L’Iran a menacé de représailles en cas d’attaque, notamment en bloquant le détroit d’Ormuz.
Contexte
Les relations entre les États-Unis et l’Iran sont tendues depuis des décennies, notamment en raison du programme nucléaire iranien, considéré par Washington et ses alliés comme une menace pour la sécurité régionale et internationale. Les négociations en cours visent à limiter les ambitions nucléaires de Téhéran en échange d’une levée des sanctions économiques.
Ce qui change
L’escalade verbale et le déploiement militaire américain dans le Golfe augmentent les risques de conflit dans la région. Les sanctions économiques continuent de peser sur l’économie iranienne, exacerbant les tensions internes et régionales.
Prochaines étapes
Il faudra surveiller l’évolution des négociations indirectes et les réactions de l’Iran aux avertissements américains. La prochaine réunion du Conseil des gouverneurs de l’AIEA pourrait également être un moment clé, notamment en ce qui concerne la coopération de l’Iran avec l’agence.
Chiffres clés
- 12 jours : Durée de la guerre déclenchée par l’attaque israélienne en Iran en juin.