Publié le 2024-02-29 10:15:00. L’administration Trump prévoit la construction d’une base militaire de grande envergure dans le sud de la bande de Gaza, destinée à accueillir une partie de la Force internationale de stabilisation (FIS) déployée dans le cadre du cessez-le-feu négocié en octobre dernier. Cette annonce intervient alors que le « Conseil pour la paix » mis en place par l’ancien président américain tient sa première réunion à Washington.
- Une base militaire de 350 acres (environ 142 hectares) est en projet dans le sud de Gaza, capable d’accueillir jusqu’à 5 000 personnes.
- L’Indonésie, le Maroc, le Kazakhstan, le Kosovo et l’Albanie ont déjà promis de contribuer à la FIS, avec un engagement initial de 8 000 soldats indonésiens.
- Les plans de la base incluent des bunkers et des protocoles spécifiques pour la gestion de découvertes archéologiques ou de restes humains lors des travaux.
La construction de cette base, révélée par des documents consultés par The Guardian, s’inscrit dans un contexte de dévastation de la bande de Gaza, où plus de 72 000 Palestiniens auraient péri en raison du conflit israélo-palestinien, un chiffre que les experts estiment probablement sous-évalué. Des milliers de victimes seraient encore ensevelies sous les décombres.
Selon les plans, la base s’étendra sur 1 400 mètres de long et 1 100 mètres de large, et sera sécurisée par 26 tours de guet blindées montées sur remorque. Un périmètre de barbelés entourera l’ensemble du site. Des entreprises de construction internationales, spécialisées dans les zones de conflit, se positionnent déjà pour obtenir les contrats de construction. Une source proche du dossier a indiqué qu’un petit groupe de soumissionnaires avait déjà visité le site.
Les plans détaillent également la construction de bunkers de six mètres sur quatre et de 2,5 mètres de hauteur, destinés à offrir une protection aux soldats. Un protocole spécifique a été prévu pour la gestion de découvertes potentielles de restes humains ou d’objets culturels durant les travaux : la construction serait immédiatement interrompue et un responsable du projet serait informé pour prendre les mesures appropriées.
La FIS, dont le déploiement est prévu dans le sud de Gaza, aura pour mission de sécuriser la frontière, de maintenir la paix, de protéger les civils et de former une nouvelle force de police palestinienne, forte de 12 000 agents. Environ 2 000 Palestiniens ont déjà postulé pour intégrer cette nouvelle force, selon Nikolay Mladenov, responsable de la reconstruction de l’enclave. Le général de division américain Jasper Jeffries, qui commandera la FIS, a précisé qu’un officier indonésien occupera le poste de commandant adjoint.
Les règles d’engagement de la FIS en cas de reprise des hostilités restent pour l’instant inconnues, tout comme sa possible implication dans le désarmement du Hamas. La création du « Conseil pour la paix », qui supervise la planification d’un Gaza d’après-guerre, a été approuvée par l’administration Trump. Un rapport des Nations unies sur le Soudan, mentionné dans le contexte de la création du conseil, a mis en évidence des éléments laissant présager un génocide à El Fasher.