Publié le 22 février 2026 à 01:03:00. Les États-Unis sont confrontés à une résurgence inquiétante de la rougeole, avec près de 1 000 cas recensés au début de l’année 2026, une augmentation significative par rapport à 2025, et qui met en évidence une baisse de la couverture vaccinale.
- Au 19 février 2026, 982 cas confirmés de rougeole ont été signalés aux États-Unis en 2026.
- La Caroline du Sud est particulièrement touchée, avec près de 800 cas depuis le début de l’épidémie.
- 89 % des cas confirmés sont liés à des épidémies en cours ou ayant débuté en 2025.
Les États-Unis connaissent une recrudescence de la rougeole, une maladie hautement contagieuse qui avait été déclarée éliminée du pays en 2000. Les données les plus récentes des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) font état de 982 cas confirmés en 2026, un chiffre qui dépasse déjà les chiffres de la même période en 2025. Parmi ces cas, 976 ont été recensés dans 26 États : l’Arizona, la Californie, le Colorado, la Floride, la Géorgie, l’Idaho, l’Illinois, le Kentucky, le Maine, le Minnesota, le Nebraska, New York City, la Caroline du Nord, le Dakota du Nord, l’Ohio, l’Oklahoma, l’Oregon, la Pennsylvanie, la Caroline du Sud, le Dakota du Sud, le Texas, l’Utah, le Vermont, la Virginie, Washington et le Wisconsin. Six cas supplémentaires concernent des visiteurs internationaux.
La situation est particulièrement préoccupante en Caroline du Sud, où une épidémie en cours depuis octobre a déjà enregistré près de 800 cas. Selon la Dr. Linda Bell, épidémiologiste dans cet État, au moins vingt personnes ont dû être hospitalisées et de nombreux autres ont eu besoin de soins médicaux. La pression sur le système de santé local s’intensifie alors que les autorités tentent de contenir la propagation du virus.
La Floride est également touchée, avec 92 cas signalés depuis janvier, principalement dans le comté de Collier et autour de l’Université Ave Maria près de Naples. Un étudiant diplômé, Blaise Carney, a témoigné auprès du réseau local WBBH :
« Cela a commencé par une infection de l’oreille, puis s’est poursuivi par un écoulement nasal, un mal de gorge et d’autres symptômes. Ensuite, la situation s’est progressivement aggravée, jusqu’à ce que j’aille aux urgences et que j’aie une éruption cutanée sur tout le corps. »
Blaise Carney, étudiant diplômé
M. Carney a été diagnostiqué avec la rougeole et une angine streptococcique, a reçu une hydratation intraveineuse aux urgences et a dû s’isoler dans son dortoir pendant une semaine. Bien qu’il ait été vacciné dans son enfance, son cas illustre que la vaccination ne confère pas une protection à 100 %.
Les CDC signalent qu’en 2025, un cas de rougeole sur dix a nécessité une hospitalisation, en particulier chez les enfants et les adolescents. La rougeole peut évoluer rapidement vers des complications graves, affectant le système immunitaire et pouvant entraîner, dans de rares cas, des problèmes neurologiques à long terme, comme la panencéphalite sclérosante subaiguë (SSPE) plusieurs années après l’infection. Selon l’agence fédérale, l’incidence de cette complication avant l’élimination du virus aux États-Unis était de sept à onze cas pour 100 000 personnes infectées, avec un risque accru chez les personnes infectées avant l’âge de deux ans.
La propagation du virus est liée à une faible couverture vaccinale et à la mobilité des populations. Les autorités sanitaires insistent sur l’importance de la vaccination, qui offre une protection à 97 % contre la rougeole, généralement à vie. Jusqu’à 3 % des personnes vaccinées peuvent toutefois contracter la maladie en cas d’exposition intense, un phénomène rare mais documenté lors des récentes épidémies.
La plupart des personnes touchées par l’épidémie actuelle n’étaient pas vaccinées. M. Carney a souligné :
« Si vous n’êtes pas vacciné, faites-vous vacciner. Cela ne vous protégera peut-être pas à 100 %, mais c’est votre meilleure option. »
Blaise Carney, étudiant diplômé
La forte contagiosité de la rougeole et la diminution de la couverture vaccinale représentent un défi majeur pour les agences de santé américaines. Le risque que le virus s’installe dans des zones densément peuplées maintient un niveau d’alerte sanitaire élevé.