Les États-Unis ont débloqué un premier financement de 160 millions de dollars pour régler une partie de leur arriéré de près de 4 milliards de dollars envers l’Organisation des Nations unies (ONU), une annonce surprenante alors que l’administration Trump avait régulièrement remis en question son engagement envers l’instance internationale.
Ce versement, destiné au budget de fonctionnement ordinaire de l’ONU, intervient après des déclarations contrastées du président américain Donald Trump. Lors de la réunion inaugurale de son Conseil pour la paix à Washington, D.C., jeudi, il a affirmé son intention d’aider financièrement l’ONU et de garantir sa pérennité. « Nous allons les aider financièrement et nous allons nous assurer que les Nations Unies sont viables », a-t-il déclaré. « Et je pense qu’il finira par atteindre son potentiel. Ce sera un grand jour. »
À ce stade, les États-Unis doivent encore 2,196 milliards de dollars pour le budget ordinaire de l’ONU, dont 767 millions de dollars pour l’année en cours, ainsi que 1,8 milliard de dollars supplémentaires pour les opérations de maintien de la paix.
L’ONU est confrontée depuis plusieurs années à une crise financière croissante, due aux retards de paiement de ses États membres. Chaque pays, selon sa capacité économique, est tenu de contribuer au budget de l’organisation. Les nations les plus pauvres peuvent être redevables d’à peine 0,001 % du budget ordinaire, tandis que les plus riches peuvent atteindre un maximum de 22 %.
Les arriérés de paiement ont déjà contraint l’ONU à réduire ses dépenses et ses services. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, avait même averti le mois dernier d’un « effondrement financier imminent » si les règles financières n’étaient pas révisées ou si les États membres ne régularisaient pas leurs contributions. Il avait précisé que le budget de fonctionnement ordinaire pourrait être épuisé dès juillet, mettant en péril les opérations mondiales de l’organisation.
Les États-Unis, première économie mondiale et principal donateur de l’ONU, représentent à eux seuls environ 95 % des arriérés de paiement du budget ordinaire.
L’attitude de Donald Trump envers l’ONU a souvent été critique. Lors de son second mandat, débuté en janvier 2025, il a exprimé ses doutes quant au paiement des cotisations américaines et dénoncé l’inefficacité de l’organisation. « Quel est le but des Nations Unies ? » s’était-il interrogé devant l’Assemblée générale en septembre. « Tout ce qu’ils semblent faire, c’est écrire une lettre très forte et ne jamais donner suite à cette lettre. Ce sont des mots vides de sens. »
Jusqu’à présent, son administration a réduit les dépenses d’aide étrangère et s’est retirée de plusieurs engagements internationaux, notamment 31 programmes de l’ONU, dont son fonds pour la démocratie et un organisme dédié à la santé maternelle et infantile.
Le Conseil pour la paix mis en place par Trump, censé superviser le cessez-le-feu à Gaza, est perçu par certains comme une tentative de concurrencer le rôle du Conseil de sécurité de l’ONU dans la prévention et la résolution des conflits. Les critiques dénoncent un « système parallèle » susceptible de saper l’autorité et les opérations de l’ONU. Trump lui-même a déclaré que ce conseil « va presque surveiller les Nations Unies et s’assurer qu’elles fonctionnent correctement ».