Home Économie Les étiquettes « passe au micro-ondes » sont-elles trompeuses ? Un nouveau rapport expose les méfaits sur la santé et l’environnement

Les étiquettes « passe au micro-ondes » sont-elles trompeuses ? Un nouveau rapport expose les méfaits sur la santé et l’environnement

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Publié le 25 février 2026 à 07h02. Une nouvelle étude de Greenpeace alerte sur la présence de microplastiques et de substances chimiques potentiellement dangereuses dans les plats préparés vendus pour être réchauffés au micro-ondes, remettant en question la sécurité de ces produits largement consommés.

Des centaines de milliers de minuscules particules plastiques migrent dans nos aliments lorsque nous les réchauffons au micro-ondes, accompagnées de produits chimiques susceptibles d’avoir des effets néfastes sur la santé. C’est l’une des conclusions d’un rapport publié par Greenpeace International, qui analyse 24 études scientifiques récentes sur les risques liés aux plats cuisinés emballés en plastique.

Selon le rapport, l’étiquette « compatible micro-ondes » présente sur de nombreux produits peut être trompeuse. Elle garantit généralement la stabilité structurelle du contenant, mais ne tient pas compte de la migration potentielle de microplastiques et d’additifs chimiques dans les aliments. Une étude citée dans le rapport révèle qu’entre 326 000 et 534 000 particules micro et nanoplastiques peuvent se retrouver dans un plat après seulement cinq minutes de chauffage au micro-ondes. Les nanoplastiques, de par leur petite taille, pourraient même pénétrer dans les organes et la circulation sanguine.

Les plastiques contiennent également plus de 4 200 produits chimiques potentiellement dangereux. La plupart de ces substances ne sont pas réglementées dans les emballages alimentaires et certaines sont associées à des problèmes de santé graves, tels que le cancer, l’infertilité, des troubles hormonaux et des maladies métaboliques, souligne le rapport.

Au moins 1 396 produits chimiques plastiques entrant en contact avec les aliments ont été détectés dans le corps humain, et les preuves s’accumulent quant à leur lien avec des troubles du développement neurologique, des maladies cardiovasculaires, l’obésité et le diabète de type 2.

Le rapport précise que des températures plus élevées, des temps de chauffage plus longs, l’utilisation de récipients usés et la présence d’aliments gras – qui absorbent davantage de produits chimiques – augmentent considérablement la quantité de particules de plastique et d’additifs qui se retrouvent dans les plats.

La réglementation actuelle concernant les microplastiques rejetés par les emballages alimentaires est jugée insuffisante à l’échelle mondiale. Greenpeace estime qu’il est urgent de renforcer les contrôles, notamment en éliminant progressivement les additifs dangereux plutôt que de se concentrer uniquement sur le recyclage.

Au sein de l’Union européenne, les plastiques en contact avec les aliments sont réglementés en fonction de « limites de migration » pour les substances chimiques connues, sur la base des recommandations de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Cependant, il n’existe actuellement aucun seuil spécifique pour les particules microplastiques.

L’EFSA a déclaré à Euronews Green être consciente de l’inquiétude croissante concernant la migration des microplastiques des emballages alimentaires, qu’elle a identifiée comme une priorité dès 2021. L’autorité souligne la nécessité de méthodes de test harmonisées et de données complètes sur l’exposition tout au long de la chaîne d’approvisionnement alimentaire, ainsi que d’évaluations rigoureuses des risques pour la santé.

Une évaluation continue des risques potentiels pour la santé posés par les microplastiques présents dans les aliments, l’eau et l’air est en cours, et les résultats sont attendus fin 2027.

La production mondiale de plastique devrait plus que doubler d’ici 2050, et les emballages plastiques en représentent une part importante (36 % selon l’Agence internationale de l’énergie). Le marché des plats cuisinés emballés en plastique, déjà estimé à plus de 160 milliards d’euros, devrait atteindre près de 300 milliards d’euros en 2034, en raison de la demande croissante de commodité.

En 2024, 71 millions de tonnes de plats cuisinés ont été produites dans le monde, soit en moyenne 12,6 kg par personne, selon une étude de marché de Statista.

Greenpeace appelle à l’adoption d’un traité mondial des Nations Unies sur les plastiques qui inclurait des contrôles plus stricts sur les plastiques destinés à entrer en contact avec les aliments, ainsi que l’élimination progressive des additifs dangereux.

« Le risque est clair, les enjeux sont élevés et il est temps d’agir maintenant. »

Graham Forbes, responsable de la campagne mondiale sur les plastiques chez Greenpeace USA

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