Publié le 17 février 2024. Plusieurs municipalités irlandaises envisagent d’augmenter les loyers des logements sociaux pour les foyers dont les enfants adultes contribuent aux revenus du ménage, une mesure qui suscite des inquiétudes quant à son impact sur les familles.
- Le conseil du comté du sud de Dublin (SDCC) prévoit de modifier les loyers de ses logements sociaux en tenant compte des revenus des « salariés subsidiaires », c’est-à-dire les adultes occupant encore le domicile familial tout en travaillant.
- D’autres conseils, comme ceux de Dublin, Dún Laoghaire-Rathdown, Fingal et Galway, ont déjà adopté ou envisagent des mesures similaires.
- Des conseillers locaux s’inquiètent de l’équité de ces mesures et de leur impact potentiel sur les familles à faibles revenus.
Face à l’augmentation du nombre de jeunes adultes restant plus longtemps au domicile parental – l’âge moyen de départ étant de près de 27 ans en Irlande, selon Eurostat – les autorités locales cherchent à ajuster les politiques de location de logements sociaux. Actuellement, le système municipal implique 10 % du revenu global d’un ménage et une redevance forfaitaire de 3 €. Un montant supplémentaire de 10 % est facturé sur tout revenu provenant des « salariés subsidiaires », c’est-à-dire les personnes supplémentaires dans le ménage qui gagnent au-delà d’un certain seuil salarial, qui varie entre 40 000 € et 47 000 € selon le nombre de membres de la famille.
Le SDCC est particulièrement concerné, car il est l’un des rares conseils à ne pas plafonner le montant facturé aux salariés subsidiaires. Selon Michael Murtagh, directeur général du SDCC, dans certains cas, les loyers pourraient dépasser les 700 € par mois, soit plus de 135 € au-dessus de la moyenne nationale de 570 €. La direction du conseil pourrait augmenter le taux de 10 % actuellement appliqué aux familles, ou celui appliqué aux personnes ayant un revenu excédentaire.
La conseillère indépendante de Palmerstown-Fonthill, Madeleine Johansson, a exprimé ses préoccupations :
« La direction ne nous a pas dit exactement ce qu’elle fait, mais c’est le plan, elle augmentera ce montant à plus de 10 % – ces familles finiront par payer plus. »
Madeleine Johansson, conseillère indépendante de Palmerstown-Fonthill
D’autres autorités locales ont également commencé à ajuster leurs politiques. En avril, le conseil municipal de Dublin supprimera le plafond de 21 € pour les salariés subsidiaires, le portant à 40 €. Il supprimera également la limite du nombre de membres de la famille pouvant être facturés. Le conseil du comté de Dún Laoghaire-Rathdown a déjà supprimé son plafond de 20 € en novembre. Le conseil du comté de Fingal augmentera son plafond de 40 € à 60 € plus tard cette année, et le taux sur le revenu net passera de 12 % à 14,5 %. Le conseil municipal de Galway introduira un modèle similaire à celui du SDCC, abandonnant les charges individuelles au profit d’une charge forfaitaire de 20 % sur le revenu total.
Joanna Tuffy, conseillère syndicale de Lucan, estime que les familles avec enfants adultes « seront dans une bien pire situation que les autres autorités locales ».
« J’ai des électeurs comme ça en ce moment, et l’un des problèmes est que lorsqu’il s’agit d’un enfant adulte qui travaille, le parent n’a aucun contrôle sur ses revenus et ce n’est pas une question facile à gérer. »
Joanna Tuffy, conseillère syndicale de Lucan
Elle souligne également que les parents n’ont pas de contrôle sur les revenus de leurs enfants adultes et que ces derniers peuvent avoir besoin d’économiser pour déménager.
William Carey, conseiller du Sinn Féin pour Clondalkin, craint que ces nouvelles charges ne restreignent la mobilité des jeunes adultes vivant dans des logements sociaux :
« Ce qui se passera, c’est que les travailleurs de niveau inférieur dans un foyer qui semblent rapporter beaucoup d’argent seront coincés chez eux parce qu’ils ne pourront pas se déplacer ailleurs. »
William Carey, conseiller du Sinn Féin pour Clondalkin
Il met en avant le fait que ces personnes peuvent travailler dans des emplois peu rémunérés et ne pas avoir les moyens de déménager.
Le SDCC a justifié cette révision par la nécessité de couvrir ses coûts d’entretien et de réparation de son parc de logements. Il a également souligné une augmentation de 7,86 millions d’euros de ses dépenses prévues cette année, due à une augmentation du loyer moyen, une évolution des revenus des ménages et une hausse des revenus de protection sociale.
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