Mis en ligne le 20 février 2026 à 21h17. Le dernier film du studio Colorido, disponible sur Netflix, suscite une vive polémique au sein de la communauté otaku : l’utilisation potentielle de l’intelligence artificielle pour créer certains éléments visuels est au cœur des débats.
- Une scène du film Princesse cosmique Kaguya ! a révélé des images de profils potentiellement générées par IA.
- La controverse a déclenché un débat sur l’éthique de l’utilisation de l’IA dans l’animation et les conditions de travail des artistes.
- Certains défendent l’utilisation de l’IA pour alléger la charge de travail et faire face à la crise de l’exploitation dans l’industrie.
La réinterprétation futuriste du conte japonais classique, Princesse Kaguya, sortie le 22 janvier sur la plateforme de streaming Netflix, avait initialement été bien accueillie. Cependant, un détail inattendu a rapidement mis le feu aux poudres sur les réseaux sociaux. Une image capturée depuis le film a mis en évidence des avatars sur un réseau social fictif qui, selon certains internautes, présentent les caractéristiques typiques des images générées par intelligence artificielle : asymétries, contours flous et imperfections algorithmiques.
Un utilisateur de X (anciennement Twitter) a été le premier à soulever la question, et son message a rapidement été partagé des millions de fois. Malgré le silence assourdissant des studios Colorido et Chromato, les captures d’écran ont suffi à alimenter la polémique. La question centrale est de savoir si l’équipe de production a eu recours à l’IA pour créer ces éléments visuels mineurs, et si cela constitue une pratique acceptable dans l’industrie de l’animation.
Ce qui est surprenant, c’est que cette « funa » (terme japonais désignant une critique ou une accusation en ligne) n’a pas conduit à une condamnation unanime du film. Au contraire, de nombreux spectateurs ont pris la défense des créateurs, arguant que l’utilisation de l’IA dans ce contexte précis est justifiée. Ils soulignent l’hypocrisie de demander des illustrations entièrement réalisées à la main pour des icônes qui n’apparaissent que quelques secondes à l’écran, alors que l’industrie de l’animation est confrontée à une crise de l’exploitation au travail extrême.
Pour beaucoup, l’IA représente une solution potentielle pour alléger la charge de travail des animateurs et préserver leur santé mentale. L’automatisation des tâches répétitives et peu créatives, comme la création d’avatars génériques, permettrait aux artistes de se concentrer sur des aspects plus importants du film.
Un autre argument avancé est l’ironie de la situation : si la scène cherche à représenter un réseau social contemporain, l’utilisation d’avatars générés par l’IA est peut-être la représentation la plus réaliste et la plus pertinente de l’internet tel qu’il existe en 2026.
La question reste ouverte : faut-il interdire l’utilisation de l’IA dans l’animation, quelles que soient les circonstances, ou accepter son utilisation si elle permet d’améliorer les conditions de travail des artistes ? Le débat est loin d’être clos.