Home Économie Les gens géreront la poignée du service. Ils appellent 636 000 voitures

Les gens géreront la poignée du service. Ils appellent 636 000 voitures

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Publié le 2025-10-04 09:15:00. Le constructeur automobile Stellantis tire la sonnette d’alarme face aux coûts énergétiques et aux réglementations environnementales, craignant des fermetures d’usines. La marque au trident, quant à elle, réaffirme son ancrage dans le groupe, tandis que les projets hydrogène sont mis en pause.

  • Stellantis met en garde contre des fermetures d’usines dues à la flambée des coûts de l’énergie et aux contraintes environnementales.
  • Le dirigeant Jean-Philippe Imparato plaide pour une action collective afin de réduire ces charges et de soutenir l’industrie.
  • La stratégie électrique de Maserati est confirmée, avec une collaboration renforcée attendue avec Alfa Romeo.
  • Le développement de véhicules utilitaires à hydrogène est suspendu faute d’infrastructure et de demande suffisante.

Jean-Philippe Imparato, responsable de Stellantis pour l’Europe, a récemment alerté sur les risques imminents qui pèsent sur le secteur automobile. Les coûts énergétiques exorbitants et les amendes potentielles liées au dépassement des normes d’émission pourraient contraindre le groupe à fermer certaines de ses unités de production. Il a ainsi lancé un appel urgent à des décisions politiques pour éviter un « drame industriel ».

« En France, le mégawattheure coûte 65 euros, contre 80 en Espagne et plus de 180 euros en Italie. Si nous parvenions à unir nos forces pour réduire ces coûts, ce serait fantastique. À 180 euros, la compétitivité est anéantie, et les conséquences pourraient être dramatiques », a souligné M. Imparato. Il a précisé que Stellantis avait déjà réussi à réduire sa consommation d’énergie de 30%, avec pour objectif d’atteindre 50%.

Le groupe doit également composer avec la menace d’amendes conséquentes en cas de non-respect des limites d’émissions de sa flotte. « Nous ne sommes qu’à quelques mois d’un drame industriel que peu anticipent », a prévenu M. Imparato. Il évoque la difficulté de respecter les objectifs de vente de véhicules électriques, notamment pour les véhicules utilitaires légers, où Stellantis ne vend actuellement que 10% d’électrique et devrait atteindre 60% pour satisfaire les quotas imposés. « Qui parviendra à gagner 60% de part de marché sur un marché aussi concurrentiel ? Il y a un risque de devoir payer 2,5 milliards d’euros d’amendes d’ici deux à trois ans », a-t-il ajouté, réitérant la nécessité de décisions drastiques pour préserver l’industrie, y compris la fermeture d’usines.

Dans ce contexte, M. Imparato a rappelé la proposition de son supérieur, John Elkann : « Il y a 256 millions de voitures en Europe, dont 150 millions ont plus de dix ans. Renouvelons le parc roulant, avec 15 millions de véhicules par an, quel que soit leur carburant vert, mais en soutenant notre industrie. » Il a déploré la raréfaction des véhicules abordables, notant qu’en 2019, 49 modèles coûtaient moins de 15 000 euros sur le marché européen, contre « zéro aujourd’hui ». Il a également critiqué le coût de l’homologation, qui s’élèverait à 2 000 euros pour des modèles comme la Fiat 500 ou la Lancia Ypsilon, sans compter les « outils inutiles ».

Interrogé sur l’avenir de Maserati, une question récurrente au sein du groupe, M. Imparato a confirmé que la marque n’était pas à vendre et que la stratégie d’électrification à 100% restait de mise. Il a également suggéré un rapprochement opérationnel avec Alfa Romeo, comme par le passé, pour optimiser les synergies.

Par ailleurs, Stellantis a pris la décision de suspendre son programme de développement de la technologie des piles à combustible à hydrogène. Cette orientation s’explique par une infrastructure européenne encore limitée, des besoins en capitaux importants et un manque d’incitations pour les consommateurs. Le groupe ne s’attend pas à une adoption commerciale significative des véhicules utilitaires à hydrogène avant la fin de la décennie et annule donc plusieurs modèles en cours de développement, qui devaient initialement être produits en France et en Pologne. « Le marché de l’hydrogène reste un segment étroit, sans perspective de rentabilité économique à moyen terme », a expliqué M. Imparato, soulignant la nécessité de se concentrer sur l’offensive électrique et hybride pour assurer la compétitivité et répondre aux attentes des clients. Stellantis assure que cette suspension n’aura pas d’impact sur l’emploi et que les activités de recherche et développement liées à l’hydrogène seront réorientées vers d’autres projets.

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