Après une année 2025 marquée par la domination des énergies alternatives, les grandes compagnies pétrolières connaissent un regain d’attractivité en ce début d’année, porté par l’espoir d’un accès aux vastes réserves pétrolières du Venezuela. Cette dynamique inattendue soulève des questions sur la pérennité de la tendance favorable aux énergies propres.
Le secteur pétrolier affiche une performance notable depuis le début de l’année. Un ETF représentatif du secteur (XLE) a progressé de 19,1 % jusqu’au 6 février, surpassant largement l’augmentation de 7,9 % enregistrée sur l’ensemble de 2025. À titre de comparaison, l’ETF iShares Global Clean Energy (ICLN) a enregistré une hausse de 13,2 % depuis le début de l’année, après une progression de 47 % en 2025.
Ce revirement est directement lié aux événements récents au Venezuela. L’arrestation du président Nicolás Maduro le mois dernier et la présentation par l’administration Trump de ses plans pour prendre le contrôle de l’industrie pétrolière vénézuélienne ont convaincu les investisseurs d’un potentiel nouveau pour les entreprises de combustibles fossiles dans la région.
Le Venezuela possède les plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde, bien qu’il s’agisse de pétrole lourd, dont le traitement est plus coûteux que celui du pétrole léger saoudien. Cependant, le défi majeur réside dans l’état de dégradation des infrastructures pétrolières vénézuéliennes, dont la réparation nécessitera des investissements massifs et prendra plusieurs années.
Darren Woods, PDG d’ExxonMobil, a d’ailleurs déclaré le mois dernier au président Trump que le Venezuela était « impossible à investir », soulignant la complexité de la situation. À l’heure actuelle, Chevron est la seule compagnie pétrolière américaine encore active au Venezuela, mais l’administration Trump s’efforce de faciliter l’investissement d’autres entreprises américaines dans le pays.
« L’équipe du président travaille sans relâche pour garantir que les compagnies pétrolières soient en mesure d’investir dans les infrastructures pétrolières du Venezuela. Restez à l’écoute », a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, Taylor Rogers, la semaine dernière.
La question de savoir si le Venezuela représente une réelle opportunité pour les grandes compagnies pétrolières reste ouverte. De nombreuses questions juridiques et financières restent en suspens, notamment la résolution des dettes vénézuéliennes, qui pourrait décourager les nouveaux investissements.
Selon Energy Intelligence Group, un cabinet de conseil spécialisé, il est crucial de déterminer si ces dettes peuvent être réglées d’une manière qui n’entrave pas les investissements potentiels dans un pays disposant des plus grandes réserves pétrolières du monde, mais nécessitant des dépenses considérables pour relancer son secteur énergétique.
À ce stade, il est difficile de déterminer si le facteur vénézuélien a réellement modifié la donne pour les grandes compagnies pétrolières. La tendance favorable aux énergies alternatives observée en 2025 a été freinée cette année, mais il pourrait s’agir d’un simple effet de court terme. Pour une analyse plus précise, il est essentiel de surveiller l’évolution de l’ETF XLE par rapport à son homologue dédié aux énergies propres (ICLN).
Pour l’instant, la performance solide des grandes compagnies pétrolières n’a pas encore réussi à inverser durablement la tendance observée en 2025, qui favorisait les actions des énergies propres.
Le Venezuela représente-t-il un obstacle temporaire ou l’aube d’une nouvelle ère pour les compagnies pétrolières ? Seul l’avenir le dira. Pour le moment, le marché n’a pas encore modifié son pari en faveur des énergies propres.