Home International Les guerres contre les femmes s’intensifient alors que les conflits mondiaux atteignent des niveaux records

Les guerres contre les femmes s’intensifient alors que les conflits mondiaux atteignent des niveaux records

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Publié le 25 octobre 2025. Un rapport alarmant publié pour le 25ème anniversaire d’une résolution clé de l’ONU sur la paix et la sécurité tire la sonnette d’alarme : les progrès réalisés en matière de participation des femmes s’effritent, laissant les femmes et les filles plus vulnérables que jamais face à l’escalade des conflits mondiaux.

  • Les femmes et les filles sont tuées en nombre record et exclues des processus de paix.
  • Malgré leur rôle avéré dans la pérennisation de la paix, elles restent largement marginalisées dans les négociations.
  • Un déséquilibre choquant révèle que les organisations de femmes dans les zones de conflit reçoivent une fraction infime de l’aide financière mondiale, tandis que les dépenses militaires explosent.

Il y a vingt-cinq ans, la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU marquait un tournant, engageant la communauté internationale à garantir la pleine participation et la protection des femmes dans les contextes de paix et de sécurité. Pourtant, ce 25ème anniversaire est l’occasion d’un constat amer : au lieu de consolider les acquis, une décennie de progrès semble s’éroder dangereusement.

« Les femmes n’ont pas besoin de plus de promesses, elles ont besoin de pouvoir, de protection et d’une participation égale », a martelé Sima Bahous, Secrétaire générale adjointe de l’ONU et Directrice exécutive d’ONU Femmes. Elle souligne que malgré les preuves irréfutables liant la participation des femmes à la durabilité de la paix, leur exclusion des tables de décision persiste. L’élaboration de plans d’action nationaux, bien que croissante, ne se traduit pas toujours par des améliorations concrètes sur le terrain. En 2024, un chiffre glaçant illustre cette réalité : 9 processus de paix sur 10 ne comptaient aucune négociatrice, les femmes ne représentant que 7 % des négociateurs et 14 % des médiateurs à l’échelle mondiale.

Le rapport met également en lumière un déséquilibre financier criant. Alors que les dépenses militaires mondiales ont franchi le seuil astronomique de 2 700 milliards de dollars en 2024, les organisations de femmes opérant dans les zones de conflit n’ont bénéficié que de 0,4 % de l’aide totale. Cette pénurie de ressources menace directement la survie de nombreux groupes de femmes sur le terrain, qui font face à des fermetures imminentes.

« Ce ne sont pas des données isolées, ce sont les symptômes d’un monde qui choisit d’investir dans la guerre plutôt que dans la paix, et qui continue d’exclure les femmes de l’élaboration de solutions », a ajouté Sima Bahous.

Face à cette invisibilité des réalités vécues par les femmes dans les zones de guerre, le rapport appelle de manière pressante à une révolution dans la collecte et l’analyse des données sexospécifiques. Sans informations précises et désagrégées, les expériences des femmes demeurent occultées, rendant difficile la mise en place de mesures de responsabilisation efficaces et la prise en compte de leurs perspectives dans les décisions stratégiques.

En conclusion, Sima Bahous a appelé à des « résultats concrets et mesurables » : des conflits résolus par des approches politiques inclusives, une plus grande implication des femmes dans les réformes de sécurité et les efforts de reconstruction, ainsi qu’un renforcement de la responsabilisation en cas de violations, incluant l’accès à la justice et des réparations pour les survivants.

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