Publié le 3 novembre 2025. Une enquête récente révèle une préoccupation majeure chez les électeurs hispaniques : le Congrès est jugé défaillant dans son rôle de contre-pouvoir face à l’exécutif. Les questions économiques priment sur l’immigration dans leurs priorités, tandis que les libertés civiles et la violence politique suscitent également de vives inquiétudes.
- 81% des électeurs hispaniques s’inquiètent du manque d’équilibre des pouvoirs au Congrès.
- 62% estiment que les Républicains portent une large responsabilité dans cet échec législatif.
- Les préoccupations économiques, telles que le coût de la vie et l’emploi, dominent les priorités par rapport à l’immigration.
Selon une étude menée par UnidosUS, une organisation majeure de défense des droits civiques des Latinos aux États-Unis, la majorité des électeurs hispaniques s’alarme de la concentration excessive du pouvoir entre les mains du président et du pouvoir exécutif. Ce sentiment est particulièrement marqué, avec 81% des personnes interrogées exprimant leur préoccupation quant à l’incapacité du Congrès à exercer sa fonction de contrôle et d’équilibre.
L’enquête, intitulée « Enquête bipartite auprès des électeurs hispaniques : la route vers 2026 », met en lumière une répartition des responsabilités perçues. 62% des participants attribuent une grande part de l’échec du pouvoir législatif à remplir son rôle d’équilibre à l’action des Républicains. Cette perception est renforcée par la situation de fermeture du gouvernement fédéral ; 61% des sondés blâment les législateurs républicains pour cette impasse qui prive des dizaines de fonctionnaires de leur salaire depuis plus d’un mois, contre 22% pointant du doigt les Démocrates.
Si des élections législatives devaient se tenir aujourd’hui, une majorité de 52% des électeurs hispaniques interrogés opterait pour le candidat démocrate à la Chambre des représentants, contre 28% pour le candidat républicain. Par ailleurs, 75% des sondés se disent certains ou susceptibles de voter.
La popularité de Trump sous un regard critique
Concernant la figure de Donald Trump, malgré une désapprobation de sa gestion par 64% des électeurs hispaniques, une part significative de ses anciens soutiens maintient leur fidélité. Seulement 13% de ceux qui avaient voté pour lui en 2020 déclarent ne pas le refaire, et 9% ne sont pas certains de leur choix. 78% se disent prêts à l’élire à nouveau. Le sondage révèle également que 58% des personnes interrogées ont voté pour la Démocrate Kamala Harris en novembre 2024, tandis que 38% ont soutenu l’actuel président. Cependant, le rejet de Donald Trump au sein de la communauté hispanique reste fort, avec 64% des sondés qui ont une opinion défavorable à son égard, un chiffre notablement plus élevé que la moyenne nationale enregistrée dans d’autres enquêtes.
Les principaux facteurs influençant la perception de Donald Trump sont le coût de la vie et l’inflation, les détentions et expulsions d’immigrants, l’emploi et l’économie, ainsi que les coupes budgétaires dans les programmes d’aide sociale comme Medicaid et l’aide alimentaire. De plus, 65% des électeurs hispaniques estiment que Donald Trump et les Républicains du Congrès ne se concentrent pas suffisamment sur l’amélioration de l’économie, une préoccupation en hausse de 5% par rapport à avril 2025. L’anticipation des futures politiques économiques de Trump suscite également des inquiétudes, 50% des sondés pensant qu’elles leur seront préjudiciables.
Les enjeux économiques priment sur l’immigration
Malgré la politique d’immigration et d’expulsion menée par l’administration Trump, qui a directement affecté de nombreux membres de la communauté hispanique, les préoccupations économiques demeurent au premier plan. Le coût de la vie, l’emploi, le logement et l’accès aux soins de santé figurent parmi les priorités des électeurs latinos, surpassant la question de l’immigration.
Seulement 20% des personnes interrogées considèrent qu’une réforme de l’immigration est nécessaire pour offrir une voie vers la citoyenneté aux sans-papiers résidant légalement depuis longtemps, tout en garantissant des conditions humaines dans les centres de détention, le droit à une défense devant les tribunaux pour les personnes sous procédure d’expulsion, et la lutte contre les trafiquants. Cependant, une large majorité de 72% critique la récente décision de la Cour suprême autorisant l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) à recourir au profilage racial.
Par ailleurs, près de la moitié des sondés désapprouvent le déploiement de troupes américaines dans les villes pour lutter contre la criminalité (50%) ou pour aider au contrôle de l’immigration (48%). 31% estiment que ces déploiements ne devraient avoir lieu sous aucun prétexte. 41% craignent que les autorités de l’immigration ne procèdent à des arrestations, même parmi les citoyens américains ou les résidents légaux.
Libertés civiles et violence politique : un climat d’inquiétude
Au-delà des préoccupations économiques, les électeurs hispaniques expriment également une perception de menace pesant sur leurs libertés. 59% estiment que leurs droits civiques et leurs libertés civiles sont moins garantis qu’auparavant. 49% se disent très inquiets d’être victimes, eux-mêmes ou un proche, de violence politique. 44% attribuent l’augmentation de cette violence au discours républicain, contre 19% qui blâment les Démocrates.
Des thèmes tels que la corruption gouvernementale, l’influence des entreprises, la protection des droits constitutionnels, les droits civiques, l’égalité des chances, le droit de vote et la défense de la démocratie ne sont jugés prioritaires que par 7% ou moins des personnes interrogées.
L’enquête « Enquête bipartite auprès des électeurs hispaniques » a interrogé 3 000 électeurs latinos inscrits sur les listes électorales. Ce groupe démographique, le deuxième plus important par son âge électoral aux États-Unis, joue un rôle déterminant dans les résultats électoraux serrés.
L’étude a été menée du 8 au 22 octobre 2025, dans les États de l’Arizona, de la Californie, du Colorado, de la Floride, de la Géorgie et du Texas, auprès de 400 électeurs latinos dans chaque État. Les questionnaires étaient disponibles en anglais et en espagnol, et le sondage a été réalisé via une combinaison d’appels téléphoniques, de SMS et de panels en ligne. La marge d’erreur est de 1,8%.