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Les images satellite montrent la poursuite des massacres à El Fasher

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Publié le 2025-11-01 11:44:00. La ville d’El Fasher, dernier bastion de l’armée dans la région du Darfour, est tombée aux mains des Forces d’Appui Rapide (FAR) dimanche dernier, après 18 mois de siège. Cette prise de contrôle est suivie de témoignages effroyables de massacres et de violences sur la population civile.

  • Des images satellites révèlent des indices alarmants sur le sort des habitants : nombreux seraient morts, capturés ou contraints de se cacher.
  • Plus de 30 sites potentiels de fosses communes ont été identifiés dans la ville et ses environs.
  • Des centaines de milliers de personnes ont fui ou sont toujours piégées, tandis que des accusations de crimes de guerre se multiplient.

Depuis la chute d’El Fasher, dernier point de contrôle de l’armée dans le vaste État du Darfour, les récits glaçants se succèdent. Ces témoignages font état d’exécutions sommaires, de violences sexuelles, d’attaques contre les humanitaires, de pillages et d’enlèvements. La ville reste dans un quasi-isolement, les communications étant largement coupées.

Un rapport du laboratoire de recherche humaine de l’université de Yale, publié vendredi, analyse des images satellites récentes. Celles-ci indiqueraient qu’une portion significative de la population de la ville « a été tuée, capturée ou se cache ». Les chercheurs ont ainsi identifié pas moins de 31 emplacements, répartis entre des quartiers résidentiels, des campus universitaires et des sites militaires, où des éléments suggèrent la présence de corps humains. « Les preuves de massacres en cours sont évidentes », conclut le rapport.

Les récits des survivants, parvenus dans la ville voisine de Tawila, font état de massacres, de tirs sur des enfants en présence de leurs parents, ainsi que de violences et de pillages subis par les civils en fuite. Hayat, une mère de famille qui a réussi à échapper à l’enfer d’El Fasher avec ses cinq enfants, a témoigné : « Les jeunes hommes qui voyageaient avec nous ont été arrêtés en chemin par des hommes armés, et nous ignorons ce qu’il leur est advenu. »

Selon les estimations des Nations unies, plus de 65 000 personnes ont fui El Fasher, une ville qui comptait environ 260 000 habitants avant l’offensive. Des dizaines de milliers d’autres seraient toujours retranchées sur place, prises au piège.

Face à l’ampleur des accusations, les Forces d’Appui Rapide (FAR) ont annoncé jeudi avoir procédé à l’arrestation de certains de leurs membres mis en cause dans des exactions. Cependant, Tom Fletcher, le Secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires humanitaires, a exprimé des doutes quant à la sincérité de cet engagement dans le cadre d’une enquête crédible.

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