Publié le 2024-10-26 18:16:00. Des centaines de Montréalais ont défilé samedi, ravivant les aspirations indépendantistes à l’approche du 30e anniversaire du référendum de 1995. La mobilisation, marquée par une forte présence de jeunes, souligne un regain d’intérêt pour la souveraineté du Québec.
- Un défilé à Montréal a rassemblé des centaines de personnes samedi, exprimant leur désir de voir le Québec devenir une nation indépendante.
- Cet événement précède le 30e anniversaire du référendum de 1995, qui avait vu la victoire du « non » de justesse.
- De nombreux jeunes s’impliquent dans le mouvement, percevant l’indépendance comme une réponse aux défis actuels, tels que la crise climatique.
La marche, qui a traversé le centre-ville, survient à un moment où la question de la souveraineté québécoise refait surface. Camille Goyette-Gingras, présidente de l’organisation OUI Québec, a souligné l’engagement croissant de la jeunesse. Selon elle, la génération Z voit dans l’indépendance une solution de changement systémique.
Le référendum de 1995 s’est soldé par une victoire du fédéralisme avec 50,58 % des voix. Un premier référendum, organisé en 1980 par le Parti Québécois (PQ), avait également échoué, recueillant 40,44 % de votes favorables. Le PQ, actuellement en tête des sondages en vue des prochaines élections provinciales, n’exclut pas la tenue d’un troisième référendum d’ici 2030.
Mme Goyette-Gingras décrit le mouvement actuel comme étant « citoyen et non partisan », et estime qu’il pourrait mener à une nouvelle consultation populaire dans les années à venir. « On sent que c’est le début d’un vaste mouvement », a-t-elle déclaré, ajoutant que de nombreux jeunes voient l’indépendance comme une réponse aux enjeux pressants, y compris la crise climatique.
Parmi les manifestants, des étudiants universitaires et collégiaux côtoyaient des participants aux référendums passés. Des élues comme Manon Massé et Ruba Ghazal, toutes deux membres de Québec Solidaire, ont également pris part au rassemblement, scandant « Le Québec un pays ».
Pour souligner le 30e anniversaire du dernier référendum québécois, des centaines de personnes se sont rassemblées sur le Plateau Mont-Royal à Montréal pour revigorer le mouvement souverainiste. La plupart des participants étaient plus jeunes et espèrent voir un jour un troisième référendum.
Des étudiants du Cégep du Vieux Montréal, Laure Fateux et Olivia Bégin, ont confié qu’une large part de la population étudiante se considérait souverainiste. « Je pense qu’il est important que le Québec devienne un pays, afin qu’il puisse préserver sa culture, sa langue et son histoire », a affirmé Mme Fateux.
Olivia Bégin a rappelé que ses parents et grands-parents avaient voté lors des référendums de 1980 et 1995, constatant que le mouvement prenait un nouvel élan avec sa génération. Leonard Vidal, également étudiant au Cégep du Vieux Montréal, estime que l’indépendance est la seule voie pour échapper à ce qu’il qualifie d’« État colonial et pétrolier » incarné par le gouvernement canadien. Catherine Lamoureux-Schmidt, étudiante à l’Université du Québec à Montréal, partage ce point de vue, soutenant que « la seule façon d’y parvenir est de devenir un pays ».
Mme Lamoureux-Schmidt et M. Vidal sont à l’origine d’une coalition panquébécoise de groupes étudiants. Ils ont vu le nombre de clubs membres passer de cinq à 22 en l’espace d’un an. Ils insistent sur le caractère strictement non partisan de cette coalition.
Catherine Lamoureux-Schmidt a par ailleurs exprimé son soutien à une relation « de nation à nation » avec les Premières Nations du Québec, affirmant : « nous ne voulons pas construire un autre pays sans les écouter ». À l’instar de nombreux participants, elle espère vivre un nouveau référendum de son vivant. « C’est plus de la moitié de la nation qui n’a pas été en mesure de dire ce qu’elle en pense, donc je pense qu’il est plus que nécessaire de ramener cette question au public », a-t-elle conclu. « Nous voulons avoir notre avenir entre nos mains. »
Interrogé à ce sujet, le chef du Parti libéral du Québec, Pablo Rodriguez, a reconnu la viabilité économique d’un Québec indépendant, mais a mis en garde contre un possible appauvrissement. Il a évoqué la nécessité de renégocier les accords de libre-échange et la perte de la place du Québec au sein du G7, rappelant les inquiétudes émises par ses prédécesseurs sur la question.